Editoriaux - Presse - Société - 22 février 2014

Levée de boucliers contre l’euthanasie… animale !

Au Danemark, l’euthanasie de Marius a soulevé une vague d’indignation générale. Marius est un… girafon. On recense ainsi plus de 82 articles de presse française relatant l’événement. Et l’on n’a pas fini d’en entendre parler : un deuxième girafon, lui aussi prénommé Marius (un nom décidément porte-malheur pour les girafes), serait lui aussi destiné à la même fin.

En France cette fois, hier 21 février, une manifestation a eu lieu à Angers pour Caramel, un chat qui s’était fait attraper par un restaurateur excédé par la prolifération des chats errants autour de sa pizzeria. Cet ami des bêtes l’avait aspergé de soude et le malheureux félin avait dû être euthanasié. Le jugement estimé peu sévère a donc déclenché l’ire de plusieurs associations.

Les actes de violence envers tout être vivant sont déplorables et condamnables. Et s’attaquer à plus faible que soi est méprisable. Mais la proportion prise par ces faits divers est devenue grotesque. Certes, on est ravi pour Marius de savoir que le président tchétchène se porte volontaire pour accueillir la malheureuse bête dans son pays, mais on le serait davantage s’il pouvait plutôt s’expliquer sur ses milices qui font régner l’ordre en Tchétchénie. La surmédiatisation opérée autour de ce genre de situation accentue le sentiment de vacuité de la presse grand public et contribue à la décrédibiliser.

Ces deux faits d’actualité font écho à de nombreuses autres rubriques de chiens écrasés et chats maltraités qui soulignent une préoccupation extensive envers le monde animal qui semble se faire au détriment de la société humaine. En effet, comment ne pas faire un parallèle entre ces deux affaires et la loi votée le 13 février dernier en Belgique, élargissant l’euthanasie aux enfants malades ? Certains objecteront que les contextes ne sont pas comparables. Mais chercher à donner tant d’importance aux actes de violence ou à l’euthanasie perpétrés envers des animaux, tout en encourageant l’extension de l’euthanasie envers des êtres humains, faibles de surcroît, souligne une incohérence et, pire encore, une notion de la valeur de la vie humaine complètement faussée et désacralisée.

Quand on cherche à sauvegarder la vie d’éléphants, de girafes, de chats et autres bestiaux tout en prenant des mesures opposées pour les êtres humains, on arrive dans la société à la Desproges : « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. » Cela promet de conviviaux lendemains !

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