L’Europe submergée par le maelström migratoire

Geert Wilders n’y va pas par quatre chemins : « Je ne demande rien d’insensé, je demande que notre gouvernement ferme ses portes, tout comme la Hongrie, que nous fermions nos frontières à ceux que nous considérons comme des migrants économiques et non comme des réfugiés. » Interrogé par l’AFP, le député néerlandais est prêt à employer les grands moyens pour stopper « l’invasion islamique », y compris à « lancer le processus pour quitter l’UE » si son parti, en tête des sondages, remporte les élections législatives en 2017. Rien que la semaine dernière, les Pays-Bas ont accueilli 1.800 migrants. « Nous ne devrions pas payer pour la stupidité d’Angela Merkel », s’agace-t-il.

L’Allemagne, qui doit gérer l’arrivée d’environ un million d’exilés d’ici à fin 2015, pour un coût estimé à dix milliards d’euros, s’avoue saturée. Au point que le ministre des Finances Wolfgang Schäuble préconise désormais un durcissement des conditions du regroupement familial. Même son de cloches en Suède, qui va devoir emprunter pour assumer les dépenses liées aux 190.000 migrants attendus cette année. Pénurie de logements, insécurité, hostilité croissante d’une population scandinave pourtant réputée tolérante… « La situation n’est plus tenable », confesse le Premier ministre Stefan Löfven. Au bout de sept ans, la moitié de ces réfugiés sont toujours sans emploi ; les autres occupent le plus souvent des jobs précaires.

À Calais, les affrontements entre clandestins et forces de l’ordre atteignent des proportions alarmantes. Dans la nuit de dimanche à lundi, 300 grenades lacrymogènes ont dû être utilisées par les CRS pour contenir la violence de quelque 200 individus, dont quasiment jamais aucun n’est interpellé : « Jusqu’à présent, les migrants reculaient lorsque les policiers avançaient, maintenant c’est eux qui viennent à nous, avec des cailloux. » Bilan : 16 agents blessés, auxquels viennent s’ajouter 11 autres dès le lendemain soir : altercations, jets de projectile sur les riverains terrorisés et excédés, dépôt d’objets sur les routes, pour ralentir la circulation et tenter de grimper dans des camions, avec l’aide de militants altermondialistes.

Dégradations, routes bloquées, trafic transmanche perturbé, les conséquences économiques sont préoccupantes pour la France et le Royaume-Uni. En Australie, la récente émeute du centre de Christmas, à coups de cocktails Molotov et de machettes, a causé 650.000 euros de dégâts. « On est inquiets, si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie », prévient Gilles Debove, du syndicat Unité SGP Police FO. Les 6.000 « locataires » de la Jungle de Calais sont peu à peu dispatchés, mais pour certaines communes, pas question de récupérer les indésirables. À Tantonville, où le préfet avait décidé, sans concertation, de loger 37 Soudanais jusqu’au 31 mars prochain dans un… château, le maire et les habitants se rebellent : « On n’en veut pas ! » Idem à Pexonne et à Etival-Clairefontaine.

Les 28 dirigeants européens et africains rassemblés au sommet de Malte les 11 et 12 novembre vont-ils enfin avoir le courage de juguler la déferlante migratoire ? D’après Frontex, le nombre d’entrées illégales s’élève à 1,2 million sur dix mois, soit quatre fois plus qu’en 2014. À Bruxelles, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont encore parlementé pour accélérer les expulsions et renforcer le contrôle des frontières extérieures. De son côté, la Slovénie compte à son tour ériger des clôtures à la frontière croate. L’Europe sera aussi contrainte de « manger dans la main d’Erdogan », comme le confie un diplomate, si elle veut que la Turquie régule l’afflux de migrants qui transitent sur son territoire. Et pendant que les politiques se perdent en palabres, les bateaux continuent d’accoster.

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