Quand Tacite conte les épopées romaines, il ne peut faire l’ de l’analyse des peuples qui font face aux légions. Quand Jules César évoque sa guerre des Gaules, il plonge son lecteur dans les identités des tribus qu’il rencontre. Et plus tard, Napoléon Bonaparte n’aura de cesse d’affronter les manières de faire et d’être du continent européen lorsqu’il voulut y établir son empire. L’Europe est ainsi constituée de peuple qui ne manquent jamais, grâce aux circonstances ou aux cristallisations séculaires, de rappeler leurs riches singularités.

Le suicide européen de 1914 a bien révélé que des guerres fratricides pouvaient en résulter, tout autant que les merveilles de la chrétienté ont dévoilé la force sise en leur union. On devrait toujours se souvenir que le mot Europe ne va pas de soi, qu’il est un édifice d’amitié politique, de prudence mais surtout de volonté. La civilisation européenne est un défi adressé aux peuples et aux citoyens, défi qui ne peut être relevé que par une bonne appréhension de ses exigences. Le bâtiment de la Commission européenne incarne, à lui seul, l’erreur complète des technocrates prétendant formater une Europe sur des utopies quand elle devrait être une réalité charnelle et un héritage.

Un homme politique n’a finalement qu’un seul devoir : se mettre au service de la Cité et œuvrer à en soigner les maux. C’est ce qu’a oublié la nomenklatura européenne trop pressée de voir ses désirs mondialistes se réaliser. À mesure que la paperasserie des directives et le bavardage des recommandations avançaient, les peuples se sont éloignés de l’idée européenne. À mesure que le champ économique sortait de la souveraineté populaire pour devenir le nourrisson des argentiers et des fonctionnaires, les peuples ont rejeté la disparition de leurs outils économiques. À mesure que l’ a renversé la civilisation de nos pères, nous avons vu le grand déracinement présider aux lendemains des Nations.

indique dans Qu’est-ce que la civilisation ? les fondements suivants : « Capitalisation et tradition, voilà deux termes inséparables de l’idée de civilisation. » C’est la voie que nous devrions retrouver afin de refonder le projet européen. D’abord, capitaliser les énergies européennes en retrouvant l’essentiel de leur volonté : une Europe du travail, une Europe du patrimoine, une Europe des études supérieures et du croisement des intérêts internationaux. Enfin, accorder toute sa place à la tradition pour que les décisions politiques correspondent au sel de la civilisation européenne.

Les clercs européens entraînent notre continent sur une tout autre voie : traité transatlantique, déclarations du Conseil de l’Europe en faveur de la théorie du genre, déchaînement des phénomènes migratoires. Le déracinement, encore, guette notre destinée alors que beaucoup n’imaginaient pas un instant qu’on pût l’accroître encore. À ce déracinement, les peuples répondent par un désenchantement et jusqu’au reniement de leur européenne. Après une première rémission, l’Europe s’échappe donc à nouveau vers le suicide à force de nier son existence concrète ainsi que les principes spirituels et politiques qui sont les seuls garants de notre avenir. Le désintérêt des Français pour les à venir le prouve encore. Il ne cessera que quand nous redeviendrons dignes de notre européanité.

22 mai 2014

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