Nous sommes loin, disait la brillante vétérane du journalisme Danièle Breem, des beaux discours en politique. On se contente tout au plus des engueulades de plateau et des speechs bourrés de données technocratiques incompréhensibles hélas destinées à appliquer les directives euro-américaines.
Quand on n'a plus rien à dire, on insulte. Et dans un pays où comme l'Espagne la politique n'a plus rien à dire ou à faire, cela donne les gentils et suivants propos télévisuels :

"Je vous mets en garde car, si vous continuez à être Premier ministre, le coût pour notre économie et nos institutions sera énorme parce qu'un Premier ministre, monsieur Rajoy, doit être honnête et vous, vous ne l'êtes pas", a lancé Pedro Sanchez.

"Votre intervention est minable, mesquine et détestable. Elle vous poursuivra toute votre vie", a répondu Mariano Rajoy.

En Espagne la gauche aux relents latins est plus folle et incompétente qu'en France. Le PS ruina le pays, organisant sous Zapatero la loi de purification mémorielle (je vous laisse deviner) et encourageant le d'une façon dantesque. On encouragea spéculation et endettement, on laissa le pays avec un triplement de sa dette et du chômage, et puis on attendit le retour de la pour l'accuser du crime : c'est la chutzpah.

Puis le PS fut dépassé sur sa gauche par Podemos, inspiré par le bouffon "Yes we can" d'Obama, mélange de chavisme de cafétéria, de de plateau télé et de tri-sexualisme pas très dumézilien (voyez leur programme, tordant à ce sujet). Ce parti sociétal soumis au système US évidemment a accompagné les exploits de Tsipras durant l'été dernier. Deux Madame Ouille digne des Visiteurs furent élues mairesses de Barcelone et de Madrid en attendant pire. On sait aussi que la Catalogne veut son indépendance ; ce processus impossible et ridicule a déjà coûté trois milliards et demi d'euros au contribuable local. Mais Monsieur Mas est leur Monsieur Plus, alors…

Si la gauche est folle, la est traditionnellement raisonnable et moins fumiste et démago qu'en France, ce qui explique que le PP n'ait jamais été dépassé sur sa droite. De toute manière, comme dit le grand historien du fascisme et du franquisme Stanley Payne, "l'Espagnol est un être anesthésié. Il demande quelque chose au système, mais pas grand chose." Rajoy, qui jouit de toute ma sympathie, incarne assez bien cette caste politique endormie de la fin de l'histoire. Je n'y trouve ma foi rien à redire, tant la vie en Espagne reste agréable et les gens aimables.

Blague et sieste mis à part, j'espère que le brillant mais pas très clair (c'est un vrai personnage de Bunuel) Rivera, patron des Citoyens, particule aux relents et contours incertains, s'entendra avec mon galicien préféré (Rajoy donc) pour que l'Espagne continue d'être le pays le plus agréable d'Europe, même avec ses chômeurs (ils bossent tous ou presque en fait) et son immigration en chute libre.

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17 décembre 2015

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