Après les terroristes islamistes et les casseurs de l’ultra-gauche, c’est au tour des hooligans, holding internationale composée de décérébrés qui prennent le sport comme prétexte aux désordres et à la violence, d’occuper le devant de la scène médiatique. Le match opposant la Russie à l’Angleterre, au Stade Vélodrome à , a, en effet, été l’occasion d’un déferlement de barbarie comme il est rarement possible d’en voir. Des dizaines de blessés, dont un dans un état grave, des dégradations et des destructions sur le Vieux-Port, qui coûteront encore des centaines de milliers d’euros à la collectivité, voilà comment, en quelques minutes, la fête que se promettait d’être l’Euro de football se transforme en un nouveau drame.

Derrière ces nouveaux faits de violences, qui discréditent un peu plus notre pays et ceux qui le gouvernent, se pose en réalité la question de la capacité de notre système sécuritaire à gérer et à faire face aux nouvelles problématiques liées à la sécurité et à l’ordre publics. Les attentats terroristes avaient déjà posé la question de l’efficacité de nos services de renseignement. Les manifestations contre la loi El Khomri avaient souligné les difficultés rencontrées par nos unités de maintien de l’ordre pour faire face aux casseurs. Aujourd’hui, ce sont les hooligans, français et étrangers, qui viennent mettre à mal des années de savoir-faire de nos forces de sécurité publique.

Les faits sont là. Policiers et gendarmes, dont l’implication personnelle et le dévouement ne sont pas à mettre en cause, sont dépassés. Que ce soit en matière de terrorisme, d’extrémisme ou de hooliganisme, le renseignement est devenu inefficace. Absence de fichage performant, inefficacité dans l’échange d’informations opérationnelles, y compris avec nos partenaires européens les plus proches, les structures nationales, européennes ou internationales de renseignement sont devenues aveugles et inopérantes.
De la même manière, sur le terrain, les techniques utilisées par les forces de l’ordre sont aujourd’hui inadaptées. Lenteur des mouvements, souvent provoquée il est vrai par des ordres donnés tardivement ; répliques offensives en décalage avec les débordements constatés ; cadre juridique d’un autre temps, tout participe à ce que les désordres perdurent et se fassent de plus en plus nombreux et destructeurs.

Souvent donnée en exemple pour leur maîtrise de l’ordre et de la sécurité publique, la police et la gendarmerie doivent revoir de fond en comble leurs doctrines et leurs techniques de maintien de l’ordre. Par trop réactives, nos forces de sécurité doivent avoir les moyens d’anticiper les menaces, et être en mesure de prévenir les troubles annoncés.

La crainte de la bavure, et la protection des sacro-saintes libertés individuelles, ne peuvent plus être le prétexte au laxisme, au laisser-aller et à l’impunité que nous observons depuis de trop nombreux mois. Pour la sauvegarde de notre pays, des mesures drastiques doivent être prises.

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