Le vieux Parti socialiste a du souci à se faire. Autant que la posture choisie par Cécile Duflot, le succès des Verts à Grenoble est un signe fort. Il rappelle aux plus anciens la montée des GAM (Groupes d’action municipale) qui incarnèrent à la fin des années 60 une alternative (on disait « deuxième gauche ») aux vieilles habitudes municipales du PS, et emportèrent en 1971 la mairie de… Grenoble, l’année même où le PS était « refondé » lors de son congrès d’Épinay.

Les objectifs à gauche, à cette époque, étaient doubles : en finir avec la vieille SFIO et fonder un PS de l’après-68, casser les reins du PCF et en finir avec sa puissance (plus ou moins 20 %.. qui s’en souvient ?). Les objectifs ont été atteints, Mitterrand entra à l’Élysée dix ans après. Le PCF devint résiduel, même lorsqu’il participa au pouvoir.

Aujourd’hui, cette histoire est close et le vieux PS, épuisé, voit une nouvelle force pointer son nez, fondée sur une conception différente de la croissance, du développement et sans doute des pratiques démocratiques. Les « Verts » cassent le jeu en se retirant hic et nunc (aujourd’hui et maintenant) du manège gouvernemental. Au-delà des calculs personnels (Duflot en 2017 ?), on assiste à une possible (pas certaine encore) recomposition du paysage politique en face de la droite.

Le PS devra changer profondément, renouveler sa pensée plus que ses hommes sans doute, pour nouer alliance avec cette nébuleuse des « Verts », elle-même en gestation, courant d’opinion en train de se constituer dans les villes et les territoires périurbains.

Pourtant la « posture Duflot-Mamère » ne garantit pas l’émergence de cette force politique innovante. Des réflexes classiques peuvent la condamner au destin du PCF : jouer les utilités, les forces d’appoint ou être condamnée à une néo-opposition tribunicienne fondée sur les modes de vie (en lieu et place de la défense des exploités), bloquant par son importance relative toute nouvelle accession au pouvoir de la gauche. Et redonnant une chance à la droite pourtant elle-même confrontée à l’urgence d’une recomposition de fond et de forme…

À presque 50 ans de distance, on éprouve un sentiment de déjà-vu… Faut-il renverser les tables ou seulement revenir en les réinventant à des fondamentaux, à droite comme à gauche ?

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