Les « valeurs de gauche » : guide pratique

Supposons que vous envisagiez de participer à la prochaine “primaire de la gauche”. Sans doute savez-vous qu’avant d’accéder à l’urne, vous devrez attester solennellement, signature à l’appui, « [vous] reconnaître dans les valeurs de la [dite] gauche” ; mais que savez-vous de ces fameuses “valeurs de la gauche” ? On en parle, on en parle, on en fait tout un fromage, mais qui sait vraiment ce qu’elles sont exactement ? Préférer le bien au mal ? Oui, bien sûr… La paix à la guerre ? Également… Aux méchants les gentils ? Oui, oui, mille fois oui ! Oui, mais pas seulement.

Par chance, il ressort d’évidence de l’expérience que, dans leur ensemble comme en leur substance, ces “valeurs” ressemblent comme deux gouttes d’idéaux aux dix principaux commandements de ce dogme d’État, tel qu’âprement défendus par la sainte Inquisition judiciaro-médiatique qui, depuis maintenant plusieurs décennies, préside à la destinée de notre pays. D’où l’intérêt de rappeler, ici, ces principes fondamentaux, en particulier à celui qui, pour une raison qui ne regarde que lui, aurait décidé de participer aux scrutins des 22 et 29 janvier prochains :

– La France est une tache sur la surface du globe, comme elle est une tache dans l’histoire de l’humanité, une tache qu’il convient de dissoudre et d’effacer.

– Puisque les races n’existent pas, contrairement au racisme, il est stupide et condamnable de se récrier contre le remplacement de la sienne par une autre.

– Si tout se dégrade continûment, ce n’est pas la faute de nos dirigeants successifs, mais uniquement celle de leurs prédécesseurs respectifs. Constat en forme d’unique manifestation de leur lucidité que nous ne saurions leur contester.

– Le socialo-communisme, du rose pâle à la Giscard au rouge le plus “écarlatant” à la Besancenot, est le seul régime politique envisageable. Qu’importe de créer des richesses, il suffit de les prendre là où elles sont.

– L’euro ? Il y a des “pour” et il y a des cons.

– Ceux qui pensent hors du dogme d’État sont des hérétiques qu’il convient de pourfendre jusqu’au dernier, en commençant par les réduire au silence, si possible à la mendicité.

– L’Union européenne est une chance pour la France, selon cet adage révolutionnaire qui veut qu’un grand “chez les autres” vaut mieux qu’un petit chez-soi.

– McCarthy après Rodin, Buren après Delacroix, le béton au carré après la pierre taillée, BHL après Raymond Aron, etc., sont la preuve que le temps améliore tout ce qu’il touche.

– Seul un ancien militant de gauche peut faire un journaliste acceptable, car il a hérité du ciel un don exceptionnel qui le distingue du commun des mortels : l’objectivité ! Si vous ne le croyez pas, vous n’avez qu’à le lui demander ! Ainsi, seul un ancien militant de gauche est en capacité de diagnostiquer, pour mieux l’éradiquer, un « cerveau malade » de la société. Seul un ancien militant de gauche est capable d’animer un débat parfaitement équilibré, réunissant de part et d’autre de la question posée, scrupuleusement autant de gens de gauche que de gens de gauche.

– L’anglo-américain est la langue à adopter. Quant au français, il convient de le saper progressivement afin de le faire disparaître au plus vite. Tous les gens des médias subventionnés sont mobilisés. Objectif prioritaire : suspendre, par incompréhension, tout échange entre les générations, entre nos aïeux et nos enfants, soit entre le passé et le futur bien sûr, mais aussi et déjà entre le passé et le présent — et, si possible (rêvons un peu), entre le présent et le présent !

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