Quels sont les « phénomènes émergents liés aux drogues » et aux « tendances récentes sur les usages de drogues à Paris [et] en Île-de-France en 2020 ? » L'OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies, groupement d'intérêt public cornaqué par l'État) vient de publier un rapport sur le sujet. L'organisme constate que le trafic de est devenu une vraie industrie, ce qui n'est pas une surprise, les trafiquants faisant même de la publicité sur Internet (voir Boulevard Voltaire).

Dans le souci d'emballer leurs clients, explique le rapport, les dealers soignent la présentation de leurs produits illicites (le packaging, comme on dit dans les écoles de commerce), notamment en Seine-Saint-Denis, la « vallée » du commerce français. « La nouveauté réside dans le packaging, expliquent les auteurs. […] Ces efforts concernent exclusivement le cannabis. Le conditionnement, en sac thermo-soudé ou en capsule avec un couvercle, s'embellit d'un logo. » Une appellation contrôlée mais pas innocente : « Ce logo devient synonyme d'un lieu de trafic, d'un lieu d'achat assumé » ; et des exemples de ces logos différents selon les lieux sont donnés. Ainsi, à Aulnay-sous-Bois, dans le 9.3, la « cité des 3.000 » affiche la vache chocolatière Milka (orthographiée, dans le rapport, avec un M majuscule) pour concurrencer la « cité de l'Europe », qui appose sur ses produits l'effigie du Président Macron (qui, dans le rapport, contrairement à la vache Milka, n'a droit qu'à un m minuscule...).

Que Macron serve d'enseigne commerciale n'est pas un scoop. Le 11 décembre 2020, le journal Le Parisien rapportait : « Arrêtés mercredi, trois petits dealers de Bourg-la-Reine vendaient de l'herbe… à l'effigie d'Emmanuel Macron ! Plus exactement, les sachets d'herbe vendus aux consommateurs étaient décorés d'une vignette représentant le président de la République en train de fumer un gros joint, le visage encadré d'une frise de feuilles de marijuana. » Le Président n'est pas la seule victime de ces détournements d'image. Le 9 octobre dernier, l'AFP affirmait : « Grenoble : des sachets de à l'effigie d'Éric Dupond-Moretti ». Le procureur de la République de se fendait alors d'un message mi-figue mi-raisin : « Les dealers grenoblois ont de l'humour mais restent quand même des trafiquants de stupéfiants qui vendent des produits illicites et dangereux. »

Humour ? Si, à l'instar du procureur, certains naïfs peuvent voir dans ces usurpations un simple clin d'œil, d'autres y décèleront, à juste titre, une provocation délibérée, un bras d'honneur adressé à la France incarnée par le Président Macron et le garde des Sceaux Dupond-Moretti.

16 décembre 2021

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