Discours - Editoriaux - Médias - 9 juillet 2016

Les socialistes très inquiets face à la montée des tensions

Dans la nuit du 23 au 24 mai, la permanence grenobloise du PS était criblée de douze balles provenant d’une arme automatique. Si les auteurs restent inconnus, il est quasiment sûr que cette attaque s’inscrit dans l’escalade de violence autour du débat sur la loi Travail. En effet, les saccages et dégradations de permanences socialistes se sont multipliés au cours des dernières semaines : on en serait à une trentaine, selon certains cadres du PS.

L’exemple de Dijon est des plus insolites : le 19 mai, une troupe de manifestants attroupés autour du local socialiste en ont muré l’entrée en y entassant des parpaings cimentés. Précisons qu’une réunion de militants se tenait à l’intérieur. La police a dû être appelée pour disperser les manifestants et démonter le mur improvisé qui bouchait l’entrée.

Le lendemain, à Lyon, le local du PS était dévasté : vitrines brisées, meubles renversés, etc. Le responsable fédéral, et maire du 4e arrondissement, David Kimelfeld déclare n’avoir “jamais connu une telle violence vis-à-vis des permanences et des militants”.

Bien qu’il n’y ait guère de blessés à déplorer, les militants socialistes semblent choqués, comme en témoigne le fait que plusieurs fédérations aient annulé leurs réunions.

D’autres, plus téméraires, ont décidé de tenir malgré tout leurs assemblées, en prenant soin de solliciter la protection de CRS quand ces réunions tombaient un jour de manif. Les policiers avaient pour mission de “monter la garde” devant les locaux socialistes pour que les casseurs ne perturbent pas la bonne tenue des réunions.

Aujourd’hui, le PS est en colère contre les médias. M. Cambadélis accuse les journalistes de ne pas avoir suffisamment traité les dégradations dont son parti est victime : “Il a fallu douze tirs pour provoquer une prise de conscience médiatique”, fulmine-t-il.

Mais la principale raison de leur colère est la discrétion des condamnations par les organisations manifestantes. “Quand le Parti communiste s’est fait casser son local par des fachos (sic), j’ai tout de suite envoyé un message de soutien”, affirme M. Kimelfeld, responsable de la fédération lyonnaise. Thibaud Pikorki (responsable fédéral isérois) dit, quant à lui, ne pas comprendre “cette gauche qui vise les socialistes” avant d’ajouter : “François Hollande n’a pas trahi ses promesses.”

Cette montée des tensions inquiète quelque peu les militants (et sûrement les dirigeants) du PS. La campagne présidentielle de 2017 n’est pas loin et personne, chez les socialistes, ne veut que les discours de leur candidat soient perturbés par des casseurs et autres punks à chien désireux d’en découdre avec le “parti de la trahison sociale”, comme ils aiment à appeler le PS. Pour l’heure, aucun cadre ne se hasarde à faire de pronostics.

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