Science et religion ne font pas bon ménage. Dans le charmant royaume d’ qui, à titre de modernité, lapide les personnes adultères et pend les homosexuels hommes et femmes (au moins, on ne risque pas de les accuser de discrimination sexiste), subsiste une chose unique au monde : l’interdiction de conduire pour les femmes.

Furieuses d’être les seules au monde à ne pouvoir se déplacer au volant d’une voiture, les Saoudiennes ont décidé de faire une « protesta », en prenant le volant le 26 octobre prochain.

L’affaire n’a pas manqué de faire réagir un haut dignitaire religieux saoudien, le cheikh Saleh Al-Luhaidan, par ailleurs membre du comité des oulémas et ancien président du Conseil supérieur de la magistrature : « La médecine a étudié cette question […] la conduite affecte les ovaires et pousse le bassin vers le haut. […] C’est pourquoi nous trouvons que la plupart des femmes qui conduisent des voitures de façon continue ont des enfants qui souffrent de troubles cliniques. »

Inutile de rappeler que docteur en théologie et docteur en médecine ne signifient pas la même chose… En revanche, il faudrait peut-être proposer à notre théologien d’élargir l’interdiction et de recommander aux femmes de rester chez elles : après tout, les sièges du conducteur et ceux des passagers étant exactement les mêmes, il est tout aussi dangereux pour la fertilité d’être pilote que d’être passager… Une Saoudienne qui, à défaut de permis de conduire, ne manque pas d’humour, s’est demandée sur Twitter « si le fait de monter à dos de chameau affecte également les ovaires ».

Enfin, après les considérations « scientifiques », la justification théologique ne manque pas de sel non plus puisque, selon le cheikh : « Il y a clairement dans le Coran et la sunna (tradition du prophète Mahomet) des preuves que la conduite des femmes est interdite pour des raisons morales et sociales. » Euh, ça existait déjà, les voitures, au VIIe siècle ?

Le prince saoudien Al Walid ben Talal, membre de la famille royale, devrait s’inquiéter de l’éventuel désir d’enfant du pilote de son jet privé : il s’agit en effet de Hanadi Zakaria Al-Hindi, une femme ! Heureusement, le Coran ne s’est pas encore penché sur le problème des pilotes d’avion…

7 octobre 2013

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