Ce mercredi 1er octobre, la princesse Mary de commémorait les vingt-cinq ans de la loi du 7 juin 1989 (entrée en vigueur le 1er octobre de la même année) sur le « partenariat enregistré » (« registreret partnerskab »), autorisant les unions civiles entre homosexuels. La presse mainstream, à commencer par Match qui rapporte cette « information », de s’esbaudir devant un tel « progrès » de civilisation. « Le a été le premier pays au monde à autoriser les unions civiles entre personnes du même », se pâme ainsi le tabloïd hexagonal.

L’épouse du prince héritier Frederik de Danemark, née Mary Elizabeth Donaldson le 5 février 1972 en Tasmanie, est une fille de son temps. De formation commerciale, d’obédience presbytérienne convertie, par son mariage princier, au luthérianisme, on la retrouve dans une multitude d’organisations liées à la recherche scientifique, l’aide humanitaire, la culture, la mode ou le sport.

Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber montra comment une certaine mentalité tournée exclusivement vers une « éthique de la besogne », sous l’influence de courants religieux issus de la Réforme, contribuait à expliquer le capitalisme moderne. Mû par une logique individualiste, cet « esprit », intrinsèque à la pensée protestante, ne peut échapper, quoi qu’en ait dit Weber, « à l’universalité faustienne de l’homme ». « L’ascétisme chrétien » de la quête illimitée du profit débouche, inévitablement, sur un arraisonnement du monde et de l’homme sur lui-même, libéré de toute ascèse comme de toute transcendance réelle. C’est le post-christianisme triomphant que Chesterton définissait comme l’avènement d’« idées chrétiennes devenues folles ».

Que le ait été le premier pays à légaliser une aberrante union montre combien les digues du puritanisme luthérien n’ont pas su résister aux dévoiements libertaires d’un capitalisme d’essence calviniste, méthodiste ou baptiste. Soit, à peu de chose près, le même que l’on retrouve aux États-Unis. D’autre part, il est piquant de constater que ce sont souvent les monarchies qui apparaissent comme les plus « avant-gardistes » dans le domaine des mœurs.

Preuve en est de l’érosion de l’institution royale, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, où les gouvernements monarchiques ont fondu comme neige au soleil pour ne laisser subsister que des États fossiles qui, tels des étoiles mortes, brillent encore artificiellement du vieil éclat des royautés d’antan. C’est en ce sens qu’on peut dire, aujourd’hui, selon la formule usuelle, que les monarques britannique, suédois, hollandais, norvégien, danois, luxembourgeois, belge et espagnol règnent mais ne gouvernement pas. Ces rois et reines républicains sont devenus les meilleurs alliés du mondialisme, au nom d’un démocratisme des bons sentiments et de la moraline œcuménique des droits de l’homme.

3 octobre 2014

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