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Cinéma - Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - Table - Théâtre - 2 janvier 2014

Les prophètes sont parmi nous et Attali est le plus grand

Ces nouveaux prophètes psalmodient en boucle la bonne parole, sont omniscients et possèdent, à l’instar de leurs prédécesseurs, le don d’ubiquité. Sur Inter dès l’aube, RTL Matin le matin, le canapé à Drucker l’après-midi – le 7e jour seulement, car un prophète doit également se reposer –, les “Grosses têtes” à l’heure de la sieste et chez Ruquier à l’heure du coucher. La liste de leurs apparitions est loin d’être exhaustive et nul n’est devin pour dire que les 35 heures, ce n’est pas pour les nouveaux prophètes.

Chronologiquement et pour les plus illustres, il y a eu le prophète qui a reçu les commandements sur sa tablette, prophétique (!), puis a traversé la mer, celui qui a marché dessus et qui a banni toute forme de violence, et puis l’autre, chantre de la tolérance, qui en fait plutôt, un tantinet, la promotion. De nos jours, il y a celui qui veut se reproduire sans se reproduire : à défaut de le nommer l’Immaculé Conception, on le nommera .

Jacques est un grand prophète, un oracle des temps modernes, un prescripteur d’opinions et je suppute même qu’il est le plus grand. Jacques a dit et Jacques a fait beaucoup de choses. Jacques est brillant et illumine nos petites cervelles impénitentes de ses connaissances et de ses certitudes. Jacques, à la différence de ses ancêtres, est ce qu’on peut théologiquement qualifier de prophète multitâche. Il a été nommé aux plus hauts postes de gouvernements nationaux, d’instances supranationales et possiblement intergalactiques. Jacques a la Force avec lui et en lui. Prophète à l’économie, prophète à la grande finance et à la microfinance, prophète à la productivité, prophète de la démocratie mondiale, prophète à la culture, la politique et l’environnement. Jacques a écrit, Jacques a chanté, été chef d’orchestre, a même fait du cinéma et du théâtre. Les langues impies vous diront qu’il en fait toujours.

Jacques, en bon prophète de la durée de vie déterminée, a même écrit un conte pour enfants, et, sans transition, en bon gestionnaire des intérêts de l’humanité, c’est des enfants qu’il s’agit dans la dernière cuvée prophétique de Jacques.
Car Jacques a dit que nous allons inexorablement vers une humanité unisexe, sinon qu’une moitié aura des ovocytes et l’autre des spermatozoïdes qu’ils mettront en commun pour faire naître des enfants, seul ou à plusieurs, sans relation physique, et sans même que nul ne les porte. Sans même que nul ne les conçoive si on se laisse aller au vertige du clonage. Vertigineux. Après les capotes, il faudra sortir maintenant avec des éprouvettes.

Et Jacques le dit avec son enthousiasme sui generis, impassible, divin, presque inhumain, qu’on a du mal à croire qu’il pourrait trahir sa volonté sincère que l’humanité définisse et protège le sanctuaire de son identité. Véridique.

Sacré Jacques. Un vrai prophète, intemporel, immortel, prophète de l’euthanasie, pour les autres, et prophète de l’éprouvette, pour les restes.

J’aurais pu également vous parler d’un autre prophète. Un prophète rigolo. Il s’appelle Bernard-Henri. Mais ça, c’est une autre histoire. Peut-être un débordement d’éprouvette.

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