L’élection de Donald à la présidence des États-Unis a mis en exergue les dysfonctionnements répétés de notre appareil diplomatique français, devenu la risée universelle.

Cela a commencé par l’intervention déplacée de appelant les électeurs américains à faire « le bon choix », sous-entendu Hillary Clinton. Comment ne pas être curieux de connaître l’auteur de l’indigente analyse de prospective électorale qui l’aura engagé dans cette voie périlleuse, tout comme celui qui a préconisé de ne préparer qu’une seule lettre de félicitations ?

Puis vint le coup d’éclat, sur Twitter, de notre ambassadeur à Washington. Oublieux de son élémentaire obligation de réserve, il s’improvisa prévisionniste d’apocalypse. Outrageant la décision souveraine de l’électeur américain, notre élégant et délicat « diplomate » a, de plus, étendu sa vindicte aux deux côtés de l’Atlantique en fustigeant le choix démocratique britannique en faveur du Brexit.

Ce « diplomate » sait dépasser ses compétences territoriales pour saluer le monde anglo-saxon dans son ensemble.

Tout comme pour l’un de ses indélicats confrères précédemment en poste à Hong Kong, amateur de grands vins au point de les dérober, il faut lui trouver une ambassade bien moins exposée. Cela permettrait à Son Excellence d’exercer ses espiègleries sans placer la France tout entière en délicatesse. Faudra-t-il attendre que la nouvelle administration américaine récuse la lettre de créance confiée à un turlupin pour le faire rappeler à Paris ? Il s’est habilement positionné pour conduire désormais nos délégations auprès des extraterrestres.

Notre représentation auprès de la principale puissance économique et militaire mondiale doit être une équipe diplomatique solide, sensée et responsable dans ses analyses et ses postures.

Voulons-nous des personnes capables de représenter, à Washington, le peuple français, sa , sa langue, son ou s’agit-il de déléguer de simples commis chargés de recueillir les indications du département d’État américain ?

Notre pays possède des hauts nourris d’un sens élevé de l’État et qui en sont de compétents et réels serviteurs. Promouvoir ces talents permettrait de renouer avec la respectabilité de la France.

Au Quai d’Orsay, le mécanisme de la promotion interne est cependant grippé, de trop longue date, par de discriminantes connivences. La France entretient un étonnant réseau d’ambassades sans considération de l’importance des pays hôtes. Il n’est que de voir les trop maigres effectifs de notre ambassade en par rapport à ceux dévolus à certains États exotiques marginaux. Cela permet de comprendre que le pantouflage ou le copinage guident principalement les choix malheureux effectués et qu’ils contribuent à notre effacement de la scène internationale.

À tous nos candidats à la magistrature suprême, nous conseillerons de porter un œil attentif sur les performances et les coûts du Quai d’Orsay et, pour le coup, de faire « le bon choix ».

11 novembre 2016

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