Un (trop) grand pan de la actuelle est de se soucier de l’intérêt du parti, de l’appareil, bien plus que de l’intérêt de ses militants et – pis !- de la .

Les élections départementales de mars 2015 se rapprochent petit à petit et déjà voit-on pointer (comme l’iceberg) le bout des tractations politiciennes pour sauver ou engrosser les différents partis.

Entre chaque élection, les luttes internes se mettent en place, les transfuges se montrent, chacun parti compte ses troupes, ses élus et ses électeurs comme on compte sa monnaie. Cet imbroglio est terrible quand il se fait devant la chute des derniers pans de la française.

Justement, la société française a fourni assez d’intelligence pour y puiser et trouver, en elle-même, la solution à ses problèmes actuels. On peut notamment citer la philosophe Simone Weil et sa brillante Note sur la suppression générale des partis politiques.

« L’idée de parti n’entrait pas dans la conception de 1789, sinon comme mal à éviter. Mais il y eut le club des Jacobins. C’était d’abord seulement un lieu de libre discussion. Ce ne fut aucune espèce de mécanisme fatal qui le transforma : c’est uniquement la pression de la guerre et de la guillotine qui en fit un parti totalitaire.
Les luttes des factions sous la Terreur furent gouvernées par la pensée si bien formulée par Tomski
 : “Un parti au pouvoir et tous les autres en prison.” Ainsi sur le continent d’Europe le totalitarisme est le péché originel des partis.
C’est d’une part l’héritage de la Terreur, d’autre part l’influence de l’exemple anglais, qui installa les partis dans la vie publique européenne. Le fait qu’ils existent n’est nullement un motif de les conserver. 
»

La bataille des opinions va faire rage et le , le cirque, va recommencer dans une sempiternelle tragi-comédie dont le peuple de France est la victime (, , massive, politique étrangère).

L’historien de l’Action française, Jacques Bainville, le déplorait déjà au début du XXe siècle :

« Dans un siècle où la pensée dispose de la télégraphie sans fil [aujourd’hui, nous dirions Internet, NDLR], où le voyage à vol d’oiseau est rendu possible, où tout va si vite qu’on n’a plus de temps pour rien, le Parlement reste le seul endroit où l’on jauge les hommes à l’abondance de leurs paroles — c’est-à-dire en somme à leur difficulté de s’exprimer clairement. »

Ainsi ces épiciers, tous progressistes sur les idées et tous réactionnaires sur leurs privilèges de rentier de la politique, restent accrochés aux différents partis comme des moules à plusieurs rochers » (les allers-retours dans l’hémicycle se multiplient). Jacques Bainville poursuit :

« Une minorité, c’est un régime de république. Des partis, des factions s’y forment. Les grands parlent haut. L’opinion a voix au chapitre et l’intérêt public n’a plus de gardien sûr. »

La France a traversé plusieurs régimes politiques. Qu’en sera-t-il de celui-ci et de ses partis ?

15 décembre 2014

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