Jacques Bompard, lors de l’, mercredi, de la résolution réaffirmant le “droit fondamental à l’IVG en France et en ” par l’Assemblée nationale, vous avez fait un discours “discordant” très remarqué. Pourquoi avez-vous tenu à vous exprimer ?

J’ai tenu à m’exprimer avec modération contre ce que je jugeais être une nouvelle atteinte aux lois naturelles. Il est évident qu’il n’y a absolument plus besoin, en France, de faire le moindre effort pour banaliser l’avortement. En revanche, il faut prendre son souffle au moment d’aller batailler à la tribune : les insultes et les anathèmes pleuvent immédiatement lorsque l’on ne respecte pas le prêt-à-penser.

Et c’est pour cela que j’ai voulu tenir ma place dans la de la vie. Nos adversaires sont à ce point intolérants car ils savent pertinemment que l’IVG est la d’angle de leur « loi du progrès ». Sans elle, plus de marchandisation du corps de la femme et plus de réduction de l’être humain à un matériau exploitable.

Il faut aussi dire que personne ne peut, en conscience, assumer cette défense de la vie et être absent le jour de ce vote. Ou alors ce n’est plus considérer la politique comme le service de la Cité mais comme du marchandage électoral. Or, la vie est notamment refusée à ces 225.000 fœtus avortés par an.

J’ajoute enfin que les mêmes qui érigent en droit fondamental la disparition de l’enfant à naître sont très souvent les mêmes qui nous expliquent que l’ est une chance pour la France et une occasion pour elle de la vivifier par un sang neuf. Pour mémoire, le nombre d’avortements pratiqués et le nombre d’immigrés légaux arrivant sur le sol français chaque année est sensiblement le même. Ce faisant, je m’interroge sur le législateur qui commet un double crime en faisant disparaître des enfants et dans le même temps pille les forces vives des pays du tiers monde.

Quelques jours auparavant, quand le projet de loi sur la modulation des allocations familiales en fonction du revenu est passé devant l’Assemblée en seconde lecture, vous avez tenté, avec d’autres députés, de réitérer le “coup du rideau”, initié en leur temps par les socialistes. Est-il vrai qu’il s’en est fallu d’une voix pour que cela fonctionne ?

Oui, l’amendement a été voté par 64 députés contre 64 oppositions. Nous étions près du but, c’est-à-dire d’empêcher la représentation nationale de briser l’un des principes fondateurs de notre système de protection sociale. Les familles, comme vos lecteurs le savent, vont pâtir de cette destruction du modèle français qui a longtemps soutenu notre politique nataliste.

Le Parti socialiste ne fait que suivre là les conseils des mondialistes : briser les exceptions françaises et parier sur le pour donner du « dynamisme » à notre pays. Vous le savez, je préfère d’abord défendre les gens d’ici.


Le président de l’Assemblée envisage de limiter le nombre de questions écrites au gouvernement. Qu’en pensez-vous ?

Comme le relevait le président de la commission des lois, certains députés, afin de faire grossir leur activité parlementaire, posent la même question écrite pour chaque département. En une question, ils en font cent… Pour ma part, toutes mes questions écrites sont uniques, proposant tantôt une vision critique de l’action politique du gouvernement, tantôt l’éclairage d’un point de droit précis par les ministères. Toutes mes questions sont utiles.

Cependant, il faut affirmer très clairement que l’Assemblée nationale prouve par son règlement et son mode de fonctionnement que nous ne vivons pas en démocratie. Utilisation abusive du temps programmé, conférence dictatoriale des présidents qui arrangent les ordres du jour, non représentation des élus sans groupes politiques : rien n’est épargné aux électeurs pour brimer leurs choix et limiter l’action du non-inscrit.

Je suis un adepte des questions écrites ; elles sont l’une des rares niches qui demeuraient encore pour laisser les élus s’exprimer librement. Las, c’était trop de accordée aux opposants au prêt-à-penser et le président de l’Assemblée nationale préfère très certainement les discours convenus qui s’égrènent à la tribune où mes collègues reprennent pour la plupart les fiches issues des partis politiques ou des officines. La fréquentation des bancs de l’Assemblée donne une certitude : jamais le pays réel n’a été moins représenté et servi par nos élites politiques.

Entretien réalisé par

27 novembre 2014

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