Revenons quelque peu sur les Gay Games dont Marie Delarue soulignait, il y a quelques jours, un des points les plus obscurs du concept. Rappelons donc la définition de ces Gay Games (prononcer guéguém’s) relevée par la rédactrice de Boulevard Voltaire d’après un article du Monde, citant lui-même la ville de Paris : les Gay Games se veulent une manifestation sportive et culturelle ouverte à tous les individus, quelle que soit leur orientation sexuelle. En clair, ces Jeux olympiques homo ne sont donc pas réservés aux seuls homo et, aléas de la forme oblige, peut-être même n’y aura-t-il aucun homo. On ne sait pas…

Un peu comme un grand festin végétarien avec de la viande, un concert hard rock ouvert à l’accordéon, un Salon de l’auto avec quelques avions, ces Gay Games n’ont donc rien de particulièrement gay. Juste le mot sur l’affiche.

On imagine sans peine la déception des spectateurs. Pas une seule folle au lancer de poids, aucun carton rose aux matchs de foot, pas l’ombre d’une camionneuse au 100 mètres haies… Remboursez ! On avait dit gay, c’est pas gay, alors on s’en va. Normal. Publicité mensongère, vague de contestation dans les tribunes, Bertrand Delanoë hué comme un malpropre, Pierre Bergé conspué… Vers quelle déconfiture nous dirigeons-nous ?

À moins que le concept ne repose sur l’orientation sexuelle des spectateurs… Autre explication possible. Peut-être s’agit-il d’une manifestation pour homo amateurs d’hétéros en short. Hypothèse que semblerait accréditer une autre curiosité relevée par Marie Delarue : il s’agit d’une manifestation indépendante de critères sportifs. Dans ce cas, où faut-il s’inscrire ? Si sauter 45 cm peut me valoir une médaille d’or, j’en suis ! Les participants pourront éventuellement courir, nager, atteindre l’arrivée si ça les amuse… Tout cela est très secondaire, voire mesquin… Christine Boutin peut se présenter au départ du 100 m nage libre. Indépendant de critères sportifs… La foule la réclame.

Mais foin de conjectures et supputations oiseuses. Si tout le monde a bien suivi, les Gay Games sont comme ce couteau sans lame auquel il manque le manche. Des jeux homo dans lesquels des hétéros participent à des compétitions sportives très éloignées de critères sportifs. OK ? Ne manque que la mention au bas de l’affiche : « Garanti sans homo et sans sport ». Eh ben, Bertrand, faut le dire !

11 octobre 2013

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