Les familles fortes mènent aux nations fortes : Erdoğan, ce Michel Debré turc

Qui a dit “Rejeter la maternité signifie renoncer à l’humanité […] Les familles fortes mènent aux nations fortes” ? Benoît XVI ? Michel Debré ? Ludovine de la Rochère ? Aucun de ces fieffés réactionnaires, bien entendu. Mais un progressiste bien connu, auquel les Européens ne manquent jamais de faire des salamalecs, et que les bobos ne détestent pas, au nom de la tolérance et du multiculturalisme, puisqu’il veut faire entrer son pays dans l’Union européenne : le sultan de Constantinople, autrement nommé Erdoğan.

Erdoğan est considéré par les « opinions autorisées » comme un islamiste modéré. C’est-à-dire qu’il est musulman – personne n’en doute – et considère que l’Islam imprègne toute la société, ses coutumes, ses lois, son fonctionnement, et régit l’ensemble de la vie sociale. Un vrai musulman en somme, pur jus, d’une impeccable orthodoxie. Et, en vrai musulman, il souhaite l’expansion de l’islam et pourquoi pas une reconquête « pacifique » les terres autrefois perdues dans les Balkans. Bien entendu pas par la guerre, OTAN oblige, mais d’une manière autrement plus efficace, par la démographie.

Indépendamment de son avance économique, la puissance d’une nation est directement liée à sa démographie. Pas seulement, l’histoire l’a montré. Mais lorsqu’elle est entourée de peuples hostiles, elle ne peut espérer maintenir son hégémonie qu’à condition de ne pas être submergée par une population plus nombreuse. Israël a du souci à se faire, en dépit de son niveau de vie et de son avance technologique sur ses voisins. L’Allemagne aussi, qui ne fait plus d’enfants, dont la puissance économique pourrait s’effondrer lorsque sa population baissera dans des proportions dramatiques. Nos pays occidentaux ne renouvellent plus leurs générations, et si la France fait à peu près exception, c’est en raison de l’apport des populations immigrées dont le taux de fécondité est trois fois supérieur à celui des femmes européennes.

Dans la guerre froide de civilisation qui oppose l’islam à l’Occident, l’arme démographique est une arme de subversion massive. Erdoğan, qui est d’une certaine manière notre ennemi, a raison lorsqu’il incite les femmes turques à avoir des enfants. Il sait ce qu’il dit. C’est, en version turque, une sorte de Michel Debré qui incitait les Français à faire des enfants sur une grande échelle, au risque évidemment de perdre l’équilibre… Les gens sensés ne lui donneront pas tort. En dépit de cela, nos faiseurs d’opinion réagiront sans doute à ses propos en les tenant pour une manifestation d’islamisme « modéré » et donc regrettable, encore que nous n’ayons pas à nous insérer dans les affaires d’un pays souverain, fussent-elles conjugales.

Mais aucun d’entre eux, atteints qu’ils sont d’une myopie de l’intelligence qui leur fait penser le monde à l’échéance des prochaines vacances, ne s’interrogera sur le sens réel de cette recommandation. Ils y verront une atteinte intolérable au droit sacré des femmes de disposer de leur corps. Ils pousseront des cris d’orfraie en évoquant une régression digne des pires intégrismes. Ils invoqueront les grands principes onusiens et démocratiques. Pas un seul ne verra dans ces propos un appel à un réarmement moral et familial face à un Occident décadent qui fait irrésistiblement penser, en ces jours consacrés au dieu football, au Bas-Empire romain. On sait comment cela s’est terminé.
On se réveille ?

À lire aussi

Avocats : la spoliation annoncée d’une profession libérale

La profession n’est pas aimée et pâtit d’une réputation de prospérité bien éloignée de la …