Discours - Editoriaux - Politique - Société - 13 septembre 2014

Les États-Unis pourraient-ils s’abstenir de toujours dégainer comme un cow-boy écervelé ?

Les Américains qui, on le sait, n’ont jamais peur des extravagances, ont edicté une sourate qui leur a permis, depuis leurs premiers pas, la légitimation de ce qu’ils ont appelé “La destinée manifeste” ou plutôt, de son dépassement jusqu’au contrôle mondial, “The Americans know why” (les Américains savent pourquoi).

Cette mission qui leur aurait été, paraît-il, confiée par la Providence (Hitler, lui aussi, se disait inspiré par la Providence ; la même ? Sûrement !) leur a ainsi permis tous les abus et, surtout, toutes les horreurs. Qu’on en juge. Depuis leur indépendance en 1787, ils ont exterminé pratiquement tous les Indiens qui ne représentent plus que 1 % de la population, encore parqués pour la plupart dans des réserves. De 1899 à 1902, ils ont massacré 3 millions de personnes aux Philippines, ont ouvert dans ce pays des camps de concentration où hommes, femmes et enfants moururent de la faim, du typhus et du choléra, abattu le bétail et incendié les récoltes et, bien sûr, appliqué la torture.

Ils ont institutionnalisé la ségrégation raciale en enfermant les Noirs, auparavant esclaves, dans des ghettos, en les lynchant et souvent les tuant avec leur trop célèbre Ku Klux Klan. Se considérant supérieurs – White Anglo-Saxon Protestants (WASP) –, ils ont dénigré les nouveaux immigrants à la fin du XIXe siècle. Ils ont créé une société de “barons-voleurs” contrôlant des pans entiers de l’économie et, aidés de soldats mis à leur disposition par l’État à leur botte, bien sûr, n’ont pas hésité parfois à tirer sur leurs ouvriers.

En 1901, ils ont inventé la politique du Big Stick (gros bâton) pour faire de l’Amérique du Sud leur pré carré puis, non contents d’être inclus dans le groupe des prédateurs européens en Chine, ils ont inventé “la politique de la porte ouverte”. Ils ont renversé de multiples gouvernements dont certains commençaient à s’engager sur la voie de la démocratie, comme celui de Mossadegh en Iran en 1953 ou celui d’Allende au Chili en 1973. Ils ont lâché, de 1964 a 1973, sur le Laos plus de 2 millions de tonnes de bombes — autant que pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Ils ont causé la mort de plus de 3 millions de personnes au Vietnam, de 1965 à 1975, et dévasté avec leurs bombes au napalm des hectares et des hectares de terres agricoles.

Par leurs bombes, encore, ils ont conduit au ralliement des paysans cambodgiens à d’autres exterminateurs, les Khmers rouges. Seuls, ils ont utilisé deux fois la bombe atomique. Ils ont armé les islamistes afghans contre la présence soviétique, concourant ainsi à leur pullulement. Ils ont envahi l’Irak, causant la mort de plus de 500.000 civils et au moins 250.000 blessés, déstabilisant toute une région désormais proie de l’État islamique. Ils ont détruit, pour une bonne part, l’équilibre écologique de la planète avec leur adulation pour le capitalisme et leurs multinationales prédatrices. Et j’en passe et j’en passe…

Oui ! Ils nous ont libérés, c’est vrai. Mais nous n’étions qu’une étape comme une autre dans leur progression… et nous étions surtout promus par eux à n’être plus qu’un territoire administré, je n’irai pas jusqu’à dire une colonie. Heureusement que le général de Gaulle a tout de suite mis le holà.

Et c’est aujourd’hui leur grand chef noir — applaudissons cependant leur progrès pour cette nouvelle couleur — qui, se prenant pour le premier croisé de la démocratie… ose donner des leçons à Poutine (qui, lui, bien sûr, n’est pas un ange et le chef d’un pays angélique) ? Mais bon Dieu ! Réveillez-vous, Européens ! Demandez donc à votre John Wayne qu’il cesse enfin, face à tout événement de ce monde, et sans même réfléchir, de toujours dégainer comme un cow-boy écervelé.

Le monde étouffe de la certitude outrancière des Américains qui les conduit régulièrement à la guerre et à commettre erreur sur erreur. Dites-leur d’en finir une bonne fois pour toutes avec leur funeste Destinée manifeste. Ou plutôt, sans doute serait-il plus sage d’insister pour qu’ils l’orientent du côté de l’Irak. Barak Obama semble s’y être résolu mercredi dans son discours. Espérons qu’il comprendra qu’il y a plus urgent à faire là-bas que de toujours mettre la Russie plus bas que terre avec ces sanctions idiotes distillées à doses homéopathiques et qui ont le don de créer contre l’Occident la haine d’un peuple qui ne demande qu’à être compris. Car la Russie doit être une alliée pour ce combat qui s’annonce terrible.

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