Il y a un peu plus d'une semaine, le 5 juillet dernier très exactement, Manuel Valls a eu recours à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter la loi Travail. Cette loi dont de nombreux observateurs affirment qu'elle a été dictée par Bruxelles. Et pour cause : le 13 juin dernier, le journal Libération déterrait une recommandation du Conseil européen, datant de mai 2015, qui contenait étrangement des propositions proches du texte.

Il serait temps que ceux qui nous dirigent successivement depuis près de trente ans reconnaissent qu'ils ont abandonné notre économie. Aujourd'hui, les politiques français n'ont plus rien à dire : c'est Bruxelles qui dirige.

Cette fédérale et néolibérale qui se réclame de l'exemple américain en oubliant bien facilement le fait que les Américains, eux, réduisent l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui fabriquent sur le sol national, adoptent des législations anti-OPA et font de leur banque centrale un instrument de la concurrence en faisant fluctuer les taux d’intérêt et les taux de change à leur convenance. En somme, ils font tout ce que nous ne faisons pas, et s’ils le font, c'est pour protéger leurs intérêts…

Comme par hasard, alors que le continent européen fait face à une croissance molle, les Américains, eux, ont une bonne croissance (2,4 % en 2015). Alors, bien sûr, je désapprouve la façon dont est répartie la richesse créée aux États-Unis. Néanmoins, il est difficilement contestable que le refus de l' de toute stratégie politique lui porte préjudice.

Les Américains ont compris que nous étions en guerre - une guerre économique, certes -, mais une guerre quand même, car oui, la mondialisation est un combat. Les nations sont en rivalité et chacune d'entre elles se doit d'être la meilleure. La capacité des Américains à convaincre l’Europe de faire ce qui est bon pour eux — et mauvais pour elle — est à saluer. Grâce à leur soft power, tant financier qu'idéologique, ils font de nous leur valet. Parallèlement, je suis scandalisé par la léthargie des dirigeants européens face à cette mise sous tutelle. Quel jeu joue donc Bruxelles ?

Aujourd'hui, la question est simple : allons-nous enfin nous servir de l’élection présidentielle pour réagir face à cette colonisation des plus sournoises ?

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14 juillet 2016

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