À regarder les « journaux télévisés » de tous bords, on constate que l’auto-intoxication se poursuit inexorablement.

L’explication du vote FN ? Le chômage. Du reste, les cartes du vote FN et de Pôle emploi se superposent.

Immigration remplaciste, islam conquérant, insécurité, laxisme généralisé, défaillance de l’État, question de l’identité française ou même souveraineté perdue ? Circulez, cela n’a rien à voir – contre toute évidence.

Sa consistance ? Fragile, ce n’est qu’une réaction de colère, un vote de protestation – sous-entendu : réglons le problème social et la baudruche se dégonflera (c’est bien connu : son programme est un tissu d’âneries dangereuses, un galimatias pour gogos ; et les autres sont des champions).

Pourquoi, alors, les « élites » paniquent-elles et se battent-elles comme des chiens pour résister au sol qui se dérobe sous eux, malgré leur omnipotence médiatique et le conditionnement social qu’ils ont forgé à coups d’intimidation et de propagande soviétoïde ? Pourquoi ne reculent-ils devant aucun moyen pour défendre les territoires conquis par leurs troupes d’occupation mentale ? S’ils étaient convaincus de leur diagnostic, ils devraient considérer que ce problème est gérable.

Mais leur impuissance, aux uns et aux autres, est structurelle, et pas seulement le fruit d’une décrépitude politique. Et les yeux de nos concitoyens se décillent.

Mais Le FN dispose bel et bien d’un corps de doctrine, quoi que l’on en pense, dont les positions de fond sont ses points d’appui les plus solides – sur les questions citées (immigration, islam, etc.), mais aussi sur l’impuissance politique, sur l’ et même l’euro, ou encore sur la politique étrangère et ses conséquences, les plus terribles et qui s’exercent sur le long cours. Toutes choses que les faits ont commencé à “valider”, tragiquement pour une part, politiquement pour une autre, et qu’ils vont continuer à confirmer, à n’en pas douter.

Mais Marine Le Pen est la seule du champ politique à avoir une position solide et un parti en ordre de marche (si isolé), pendant que le reste patauge, ne sait à quel saint se vouer, n’est plus que le relais servile de Bruxelles, Berlin et in fine Washington, qui, sur la défensive, est engagé dans une course folle : plutôt tout détruire que de céder la première place, ou même la seulement partager. Et par-delà le jeu des capitales, ils ne sont plus que les objets, en cours d’obsolescence rapide, de la totalisation mondiale-technique.

Que leur reste-t-il ? La propagande à l’ancienne ? Le rendement baisse chaque jour. Le jeu des institutions pour corneriser cet unique parti d’opposition ? C’est au mieux un retardateur de feu, au pire jouer dangereusement avec ce feu. Un dernier artifice : une grande coalition des impotences, une ultime comédie pour tromper encore le monde et réussir à atteindre enfin le point de non-retour, que l’on peut croire en vue ? Cette “recomposition” est l’affaire médiatique du moment, et du sérail. Qu’elle n’ait aucun sens, qu’elle ne manifeste rien d’autre que la profonde collusion de tout ce personnel politique qui grenouille en vase clos ne les empêche pas de tirer des plans sur la comète.

Pour ne pas en tirer de l’autre côté, il faut de toute urgence approfondir la réflexion politique, affiner et développer les propositions, dépasser certaines incohérences, mieux synthétiser les diverses aspirations, et pour cela : ouvrir son jeu, susciter des alliances, attirer à soi les compétences et bonnes volontés en mode collaboratif, sans vouloir refaire le monde seul, et monolithiquement. Sinon…

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