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Editoriaux - Politique - Table - 10 décembre 2015

Les diviseurs des catholiques

D’aucuns s’appuient sur un sondage du Pèlerin pour regretter que 24% des pratiquants aient voté FN. Ils sont même 32% de catholiques à avoir franchi le Rubicon que voudrait leur imposer une classe qui se veut dirigeante. Enseignante. Diseuse du Bien et du Mal. Elle regrette cette augmentation et craint ou souhaite (on ne sait) se mettre à mal avec ces 24 % de catholiques.

Pitié que de lire cela en AD 2015 ! L’union des Catholiques autour du Saint Sacrement et dans l’Eglise dépasse de loin, et heureusement ! les brisures et les exclusions politiciennes que l’on voudrait ériger entre nous.

Pour certains, l’invitation de la Sainte Baume par Mgr Rey serait cause de cette levée de l’interdit Lustigérien ! Cause de ces votes abominables ! Selon ces amis cathos qui nous détestent en toute charité chrétienne, on ne doit toujours et partout aucunement discuter ou débattre avec le FN. Que doit-on faire au juste ? L’exclure bien sûr – cela va de soi. Mais encore ? Déchoir les électeurs de leur droits civiques et familiaux ? Oui sûrement. C’est embêtant ! Ils font beaucoup d’enfants. Prenons garde ! On pourrait aussi songer à les marquer ? Ou les parquer ? De quelle couleur souhaite-t-on l’étoile ou la croix dont on nous affublerait ? Ah, mais non, suis-je sot ! Que nous portions la Croix serait l’entacher. Nous faudrait-il trouver quelque signe caché comme aux temps des catacombes. Un Ichtus peut-être ? Un poisson. Nous le laisserait-on ? Oh, nous ne prendrions pas un St Pierre, on nous le reprocherait sûrement. Captation indue de signe distinctif !

On nous parle d’erreur fondamentale. D’incompréhension de notre foi. Que ceux qui l’affirment publient leurs analyses. Dire sans démontrer ne sert que peu. Quant à nous, demeurés que nous sommes – n’oublions pas qu’on dit de nous que nous laissons notre foi au vestiaire quand nous entrons dans l’isoloir – sombres abrutis qui ne comprennent rien à rien et exercent une césure entre foi et politique… Oui, nous les petits, nous les décervelés de l’Eglise, nous les ânes bâtés et battus mais bientôt victorieux, nous gardons dans nos prières l’Eglise et la France entière ! Car contre ces barrières nous savons qu’il faudra reconstruire. Et qu’à un langage de rejet la place devra céder à un travail en commun, pour le bien commun, dans l’Unité.

Alors je ne dis pas ma colère, elle n’est pas bonne conseillère. Mais je dis ma tristesse et mon amour pour tout frère. Mon affection pour tous ceux qui se retrouvent à la table de communion puis dans l’isoloir. Des choix ne sont pas nôtres. Mais eux aussi, eux aussi personnes humaines, exercent librement et en conscience leurs devoirs et leurs droits.

Nous aimerions, pour Noël, en cette année de miséricorde, que l’on nous offre un regard d’amitié et que cessent leur œuvre les diviseurs, les bâtisseurs de murs-séparateurs. Les Français ne s’aiment pas. Que vienne le jour où ils s’aimeront un peu !

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