Editoriaux - Médias - Religion - 17 septembre 2016

Les cisterciens sont en train de disparaître du paysage spirituel français

Ignoré des grands médias (et donc passé inaperçu du grand public), le départ, ce mois-ci, des derniers moines de l’abbaye cistercienne de Melleray, près de Nantes, marque une nouvelle étape dans le déclin, apparemment inexorable, de la vie catholique en France, et de la vie monastique en particulier.

Ce départ ne manquera pas d’attrister ceux et celles qui, comme moi, ont jadis connu ce monastère, dont l’origine remonte au XIIe siècle, florissant de jeunesse et de vitalité. Mais c’était avant les réformes issues du concile Vatican II.

Le motif allégué pour la suppression ? Le manque de recrutement. Il n’y avait plus, à Melleray, nous dit-on, qu’une dizaine de moines âgés, qui ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins, non plus qu’à l’entretien des édifices et de la propriété. Remplacés par une communauté d’hommes et de femmes « à vocation œcuménique », ils ont été envoyés, pour une partie d’entre eux, à l’abbaye de Port-du-Salut, près de Laval, encore moins peuplée que Melleray et menacée, elle aussi, d’extinction.

Ainsi, après la suppression de l’abbaye des Dombes, dans l’Ain, en 2001, suivie de celle de trois monastères féminins (Belval, la Grâce-Dieu, Ubexy) en 2008, la dégringolade de l’ordre de Cîteaux s’accentue, effaçant peu à peu sa présence du paysage spirituel français.

Mais qu’est donc devenu le catholicisme dans notre pays ? Et quelle espèce de christianisme y prêche-t-on désormais, dans celles des églises encore ouvertes et que ne fréquente plus, aux dernières statistiques, que 8% de la population 1 ? C’est toute la question, que beaucoup de responsables refusent obstinément d’examiner.

La recherche de la perfection personnelle (“Soyez parfaits comme mon Père céleste est parfait”, Matthieu, V, 48), ressort essentiel de la vie monastique, c’est — nous disait un jour un de ces responsables — “de l’égocentrisme”.
Centrer sa vie sur Dieu dans le silence d’un monastère, vivre dans son intimité et faire rayonner autour de soi l’amour et la joie qu’il nous donne : de l’égocentrisme !

Saint Benoît, saint Bruno, saint Bernard, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le bienheureux Charles de Foucauld : des égocentriques !

On comprend qu’avec une telle conception, prétendument rénovée, de la vie chrétienne, l’athéisme d’un côté, l’islamisme de l’autre, ne cessent, chez nous, de progresser.

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