Editoriaux - Histoire - Religion - Société - Table - 21 octobre 2014

Les candidats au djihad vivent en France, mais la France vit-elle en eux?

Dans la rubrique “Société” de Valeurs actuelles du 9 octobre figurait la photo d’une énième maman éplorée fixant l’objectif, portrait de sa jeune fille en bandoulière : Assia, 15 ans, fugueuse candidate au djihad. Selon le magazine, au cours des derniers mois, les cas d’interceptions d’adolescents tentant de rejoindre la Syrie « se sont multipliés ».

L’islamologue Rachid Benzine souligne que l’État islamique est « nourri par un sentiment profond et ancien d’humiliation des peuples arabes par l’Occident » ainsi que « la mémoire des croisades », « des entreprises coloniales […] en passant par la guerre d’Algérie ». Et si les familles françaises concernées masquaient, cultivaient en leur sein, en lieu et place d’une légitime et sincère affection pour notre pays, un ressentiment suffisamment sourd pour alimenter l’étrange épidémie djihadiste touchant leur juvénile progéniture ?

Peu après les crimes commis par Merah, il fallut que la sœur de ce dernier soit piégée en caméra cachée par son autre frère, Abdelkader, pour que soit mis au jour son admiration pour ces crimes. Suite à une enquête pour apologie du terrorisme, elle avait ensuite condamné ces meurtres. Aujourd’hui, elle semble être partie, peut-être en Syrie, où son mari serait déjà : double langage, autrement dit valeur des mots égale à zéro.

L’on ferait bien de s’interroger en haut lieu, plutôt que de se perdre en conjectures sur des histoires de perte de repères communes – paraît-il – à toutes les jeunesses du monde, quel type d’environnement, d’arrière-plan familial peut inciter une gamine française de 15 ans à s’enfuir non pas pour rejoindre la fiesta prohibée du samedi soir, mais une région du monde où – de notoriété publique – l’on décapite au couteau des Occidentaux infidèles.

Typiquement un truc d’adolescent… Tellement français, également… Et encore plus judéo-chrétien, pour sûr…

Ils seraient des centaines à l’échelle de l’Europe. Jean-Pierre Perrin note pourtant que « c’est dans la nature des califats : ils se doivent d’être en expansion. C’est la condition qui, autrefois, leur permettait d’aimanter sans cesse de nouveaux candidats pour la guerre sainte », dit-il. Le journaliste ne précise toutefois pas en quoi, « autrefois » comme de nos jours, cette « guerre sainte » se distingue du « vrai» islam (vous savez, l’islam de paix et d’amour).

C’est contre toute attente du génial peintre Nicolas de Staël que parvient un témoignage non moins stupéfiant, quoique très ancien. En 1935, à l’âge de 21 ans, le futur grand peintre se trouve au Maroc, d’où il écrit à son tuteur : « Un très grand mouvement nationaliste, dont Hitler est le prophète, prend vraiment de l’envergure là-bas et dans toute l’Afrique, je pense. Mouvement raciste avec cette haine des juifs qu’ils ont tout le temps. Cela s’amplifie encore par le renouveau de toute la religion de l’islam. Dans quelques années, nous assisterons à une véritable croisade contre les blancs. »

Churchill, dans ses mémoires, fit cette observation étrange à propos de Mein Kampf : « C’était le Coran de la foi nouvelle et de la guerre future, ampoulé, verbeux, informe, mais chargé d’un lourd message. »

Churchill, de Staël : un duo de racistes islamophobes incultes comme seul l’Occident en produit, au grand dam (ou pour la profonde jouissance, l’on ne sait plus) d’Edwy Plenel ? Et si, au final, notre duo avait raison ? Assia et sa maman habitent bien en France. Mais est-on sûr que la France habite en elles ?

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