Editoriaux - International - Politique - 12 décembre 2013

Les bonnets en France, les fourches en Italie !

La Fourche en Italie fait des ravages. Pas l’outil agricole mais le symbole matérialisant aujourd’hui le ras-le-bol des transalpins. Ras-le-bol pour les taxes, le travail précaire et le chômage, et surtout ras-le-bol face aux politiques.

Un vent de protestation sans précédent bouillonne en continu comme un torrent dans toute l’Italie.

Interruption du métro dans la capitale, fermeture des magasins dans les centres-villes, occupation des gares et des marchés, regroupements devant les palais institutionnels, opérations escargot aux frontières, marches contre les centres des impôts. Vagues après vagues, depuis dimanche dernier, le peuple déferle. Les manifestations contre « la caste politique » se multiplient dans la péninsule. Un mouvement spontané et anarchique échappant à toute logique baptisé les Forconiceux qui brandissent des fourches », en italien) se propage dans toutes les villes de la péninsule. Lors des rassemblements, un cri unanime traduit l’exaspération des manifestants.

Un cri qui chaque fois qu’un député apparaît aussi bien à Turin qu’à Milan, à Gênes où à Rome devant le Parlement, se répercute en écho : « Dégage, pourri ! »

Ainsi, Anna, une retraitée romaine de 70 ans, s’indigne en parlant des parlementaires corrompus qui gagnent 10.000 euros par mois, alors que sa retraite mensuelle a seulement été augmentée de 5 euros. Arborant fièrement le drapeau tricolore transalpin autour du cou, elle n’en finit pas de hurler au diapason de la foule : « Du balai ! » Francesco, lui, est venu de ses Pouilles natales pour crier sa colère : « J’ai une entreprise de construction qui emploie 22 personnes. L’État ne nous paie pas ce qu’il nous doit et nous matraque avec les impôts. Seule la violence forcera la caste politique pourrie à dégager… » Pour Daniele, agent de sécurité dans le métro de Rome, « quand on sera un million, on prendra le Parlement de force. Il faut faire comme pendant la Révolution française : couper des têtes ! »

Sans leaders apparents, une fois encore, ce sont les contre-pouvoirs des réseaux sociaux qui, fonctionnant en continu, alimentent discussions, revendications et rassemblements.

Forts de cette mobilisation, les Forconi annoncent pour les prochains jours une nouvelle “Marche sur Rome”, évoquant le souvenir des chemises noires. Plus important encore : en signe de fraternisation, les forces de l’ordre, face aux manifestants, ont enlevé leurs casques et sont restés immobiles sans charger.

Le plus incroyable est qu’aucun journal français n’a, pour l’instant, parlé de ce phénomène qui touche un pays limitrophe, contrairement à la lointaine Ukraine. Seul Le Point a évoqué ces révoltes – j’ai assez dit du mal de cet hebdomadaire dans un article précédent pour pouvoir en dire du bien quand il daigne faire son métier consistant à nous informer… Il est, en effet, plus facile de communiquer sur des émeutes où la Communauté européenne est magnifiée que de retranscrire les cris de colère d’une population qui ne veut plus des instances européennes et des politiciens.

La question, aujourd’hui, n’est pas de savoir qui récupérera ce populisme à facettes multiples, mais de savoir si celui-ci ira jusqu’à faire tomber les institutions.

Au fait, et chez nous, quand échangera-t-on nos bonnets rouges et nos drapeaux roses bien propres contre une fourche, une fourche levée bien haut qui enverra nos gouvernants rejoindre le fumier des inutiles ?

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