3-0. Un stade de France comme une mer bleu blanc rouge. Une Marseillaise chantée par tous les joueurs (sauf Karim et Frank of course) et tout le public tout au long de la rencontre. Un engagement viril à l’ancienne. Valbuena électrisé, Sakho monstrueux, Varane impérial : les bleus de l’équipe de France de football ont retrouvé, l’espace d’une soirée magique, les valeurs que l’on aime !

Fini l’équipe de tapettes qui refusait le combat à Kiev, mis entre parenthèse le comportement scandaleux de certains petits caïds. Les bleus ont fait bloc. Il était temps.

Tant pis pour les grincheux. Bien sûr que les problèmes — graves et profonds — qui minent la sélection nationale ne se sont pas évanouis en un jour. Loin de là. Le journaliste Pierre Ménès a bien raison de le rappeler « on va pas jouer les faux derches, on va pas tout oublier parce qu’on a battu l’Ukraine ». Mais la victoire historique de ce mardi 19 novembre (pour la première fois, une équipe remonte deux buts en barrage) donne une grosse bouffée d’oxygène aux supporters, c’est-à-dire au peuple, qui souvent n’ont que ça pour oublier un peu la grisaille quotidienne… Opium du peuple certes, mais l’opium de temps en temps…

Comment en est-on arrivé à ce retournement improbable ?

Si elle avait « bougé » sévèrement les tricolores à l’aller, l’Ukraine ne se sentait pas bien depuis son arrivée en France pour le match retour. Ça se voyait dès l’hôtel où l’équipe était basée dans la région parisienne. Les joueurs de l’ex-Union soviétique avaient demandé que le bus ne recule jamais, même pas pour une manœuvre, dans le trajet jusqu’à Saint Denis. Superstition incroyable qui en disait long sur la fébrilité de l’équipe ukrainienne. Ils furent exaucés. À peine au stade de France, les joueurs de l’entraîneur Fomenko ont ensuite remarqué une chose : ils avaient oublié leurs ballons pour l’entraînement ! La pression était aussi sur eux.

Le match en lui-même fut sensationnel, d’une intensité peu commune. Les Français ont été solidaires comme rarement, se jetant sur chaque ballon comme des morts de faim, partant enfin à l’abordage des filets adverses. C’était donc possible ! Espérons que tout cela ne sera pas un mirage, que les joueurs de Deschamps ne mourront pas ensablés sur la plage de Copacabana, que Ribery et son pote Karim sauront se tenir avec les putes du coin, que Samir ou Patrice n’insulteront pas les journalistes.
On a bien le droit de rêver. On ne peut finir sans une pensée pour la très valeureuse équipe d’en face. L’Ukraine a été magnifique de courage, ce qui est peu étonnant venant de ce peuple martyr de l’Histoire.

Maintenant, la coupe du Monde est à l’horizon. Hollande, au micro de TF1, est soulagé. Mais il a perçu que les applaudissements n’étaient pas pour sa pomme.

19 novembre 2013

À lire aussi

Le gay de l’année victime de discrimination !

Matthieu Chartraire est le symbole de cette bataille culturelle perdue pour la gauche. …