Editoriaux - Histoire - Justice - 16 janvier 2013

Les associations de gauche contre les honnêtes gens ?

Quatre familles de Boulogne-Billancourt dont les enfants ont été condamnés pour trafic de drogue devront quitter leur logement HLM, après la trêve hivernale, pour avoir « troublé » la vie du quartier. Un mot faible pour décrire « cet enfer quotidien », ce sont les mots des magistrats, vécu depuis des années par les autres locataires : attroupements dans le hall, allées et venues incessantes de toxicomanes venant se ravitailler, pressions sur les plus jeunes pour planquer ou revendre, transformation des caves en laboratoires de découpage de shit, sans parler bien sûr, des menaces, des insultes, et des dégradations en tous genres… Bref, dans le registre « nuisances de voisinage », on est légèrement au-delà des aboiements du caniche et du bruit de la tondeuse.

Une décision rare, (« la procédure étant coûteuse, longue et difficile, la justice exige des cas extrêmes pour décider l’expulsion », selon les dires du Parisien qui a révélé l’affaire), mais qui « émeut » profondément de nombreuses associations de gauche, pour lesquelles les familles n’ont pas à supporter les conséquences des agissements de leurs enfants. Le frère d’un de ces dealers parle même de « double peine » pour la famille, invoquant l’ignorance de cette dernière quant aux faits incriminés.

Mais bien sûr ! Toute la cité était au courant, mais eux ne savaient rien, ne voyaient rien, n’entendaient rien, et continuaient à loger benoîtement le grand fiston qui donnait vraiment toute satisfaction. Et cet argent si vite gagné qu’il rapportait à la maison, des baby-sittings dans le quartier sans doute ? Et ce kilo et demi de résine de cannabis retrouvé (en 2009, on admirera au passage la réactivité de la justice) dans l’appartement de l’une de ces familles, on avait pris cela, penses-tu, pour du chocolat à cuire : le petit aimait tellement regarder « Un dîner presque parfait » ! C’était d’ailleurs pour cela qu’il allait s’exercer à cuisiner dans la cave durant de longues heures, pour pouvoir concourir, sans doute.

Ah, oui, c’est vraiment une double peine. Apprendre d’un coup que son grand bébé n’est peut-être pas si innocent que l’enfant qui vient de naître et devoir en plus céder son logement social à des familles dotées de cette chance insigne de ne pas avoir d’enfants dealers susceptibles de terroriser tout le quartier, c’est vraiment trop dur. Dans un esprit de justice, on devrait se partager les mouises : Aux uns la progéniture à problème, aux autres les problèmes de logement. C’est bien cela le socialisme ?

Et les voisins, dites-vous ? Drôle de question. Depuis quand les associations de gauche s’intéresseraient-elles au bien-être des gens honnêtes et sans histoires ? Si les voisins en avaient assez de raser les murs et de voir leurs enfants molestés, injuriés, menacés, ils n’avaient qu’à partir, tiens, personne ne les retenait ! N’auraient pas été les premiers d’ailleurs. Et nous autres, gentils contribuables, aurions pu continuer de financer bien tranquillement les locaux de ces petites entreprises florissantes. C’est si rare de nos jours un secteur en pleine croissance…

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