Le petit émirat qatari compte sur le sport pour asseoir sa stratégie d’influence dans le monde. Il possède déjà le Paris Saint-Germain en , tant la section football que la section handball. En 2022, le Qatar organisera la Coupe du monde de football, après avoir organisé la Coupe du monde de handball en 2015. Ce micro-État n’a ni le climat ni l’Histoire pour prétendre à l’organisation de telles compétitions. Qu’importe : le Qatar est immensément riche. L’organisation qatarie s’était même offert le luxe d’embaucher une soixantaine de faux supporters de nationalité espagnole pour combler des tribunes désespérément vides lors du Mondial de handball.

L’an passé, l’équipe masculine de handball du Qatar a terminé deuxième de son Mondial, échouant en finale contre l’équipe de France. Pour arriver en finale, le Qatar avait tout de même battu l’Allemagne, nation majeure du jeu. Il faut dire que l’escouade « qatarie » avait de quoi impressionner, avec ses mercenaires grassement rémunérés. Ils ont été recrutés grâce aux règles très laxistes de la Fédération internationale de handball.

La Fédération internationale permet de changer d’équipe nationale, à condition de ne pas avoir joué pendant trois ans pour sa sélection d’origine. En outre, elle n’impose aucune limite au nombre de joueurs naturalisés qu’une sélection a le droit d’aligner. Les Qataris, peu au fait de l’honneur, ont massivement naturalisé des joueurs avant leur Mondial de l’année 2015. Seuls trois de ses joueurs sélectionnés pour les jeux sont nés au Qatar. Ils ne sont pas des joueurs importants de ce collectif, et semblent n’être là que pour donner le change.

Un Français joue pour le Qatar. Bertrand Roiné, ancien champion du monde avec les Bleus en 2011, a affronté ses anciens partenaires. Il a perdu par quinze buts d’écart (35-20) contre son pays. Il pourra toujours pleurer sur les épaules de ses partenaires syriens, égyptiens, cubains, croates, bosniens ou espagnols. Les Bleus, immenses champions de leur sport, ont vengé les Croates qui ont été battus hier par l’équipe de mercenaires de l’émir. Ils ont prouvé que le fric ne fait pas tout en balayant cet ensemble hétéroclite dénué d’âme.

La Fédération internationale de handball doit impérativement revoir ses règlements. Il n’est pas acceptable qu’une équipe nationale puisse n’être représentée que par des individus récemment naturalisés par la grâce de passeports temporaires. Le Qatar n’a pas l’esprit sportif. Le sport n’est pas qu’un business ou un instrument diplomatique. Rappelons, pour nuancer, que l’émirat n’est pas le seul pays à utiliser le système des naturalisations pour obtenir des médailles aux Jeux olympiques : la a fait appel à de nombreux athlètes d’ de l’Est, le Congo a son pongiste chinois… Il faut en finir. Les nations doivent être représentées par leurs nationaux. Assez du sport spectacle où le fric et le dopage règnent en maîtres.

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