Editoriaux - Histoire - Politique - 3 décembre 2014

Lepaon, ça se complique…

Une nouvelle fois, le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), , s’est fait rattraper par la patrouille. C’est la troisième fois en deux mois. Ce coup-ci, c’est pour des indemnités qu’il a touchées en quittant son poste à la CGT. D’après les informations de notre confrère L’Express, Thierry Lepaon aurait bénéficié, début 2013, d’une rupture conventionnelle. Employé (permanent) à la CGT de Basse-Normandie, Thierry Lepaon a négocié son départ pour rejoindre la tête de la CGT, afin de remplacer Bernard Thibault, en touchant au passage de substantielles indemnités dont il a (opportunément ?) oublié le montant. Il lui suffirait simplement de se replonger dans ses bulletins de salaire pour connaître la somme exacte.

Cette affaire s’ajoute à celle de l’appartement de fonction ou de complaisance (c’est selon) qui a été rénové pour la modique somme de 130.000 euros, alors même que ce petit 70 m2 à Vincennes avait déjà été réaménagé. Elle se greffe aussi à celle de son bureau, au siège du syndicat, bureau qui a été refait à neuf pour la bagatelle de 62.000 euros.

Ce nouveau scandale Lepaon est irritant à plusieurs titres et laisse quelques zones d’ombre. Certes, au nom du principe d’autonomie des fédérations départementales, la CGT Basse-Normandie n’est pas la CGT nationale. Mais quand même, ca reste la même boutique, estampillée du même nom : CGT ! Une rupture conventionnelle, aussi légale soit-elle, était-elle nécessaire ? Un détachement, comme il en existe dans la fonction publique, ou une convention de mise à disposition, comme d’autres syndicats l’ont effectuée, ne pouvaient-ils suffire ? Et pourquoi s’engouffrer dans une rupture conventionnelle que la CGT a elle-même combattue quand le gouvernement Sarkozy l’a fait voter ? C’est vraiment donner le bâton pour se faire battre.

Cette histoire tombe très mal pour la CGT, qui risque de perdre des points face à la CFDT lors des prochaines élections syndicales au sein de la fonction publique, prévues le 4 décembre. Or, les fonctionnaires sont la raison de vivre politique et financière de la CGT.

Elle tombe très mal pour le syndicalisme en général, qui est parvenu, grâce au gouvernement, à se faire financer, par le biais d’un fonds paritaire salariés-patrons. Résultat : 0,014 % de la fiche de paie va servir à alimenter les caisses des syndicats, dont celle de la CGT… Car les syndicats n’ont plus les moyens de vivre et de payer des frais de logement exorbitants !

Quant à Thierry Lepaon, qu’il soit ou non la cible d’une cabale interne, il semble que ses jours soient maintenant comptés. Lui qui disait il y a encore quelques jours sur l’antenne de France Inter, à propos de ces scandales, « Les gens s’en foutent » va vite comprendre que sa position est précaire. D’autant qu’il y a « encore des choses qui vont sortir », promet un cadre de la CGT ! Oui, ça se complique pour Thierry Lepaon.

À lire aussi

2020 : le coronavirus. 1720 : la peste à Marseille

La maladie serait arrivée à bord d’un bateau en provenance du Levant... …