La réorganisation des régions françaises ne manque pas d’interroger le citoyen. En effet, à quoi jouent aujourd’hui le gouvernement et François Hollande, si ce n’est à démanteler totalement la France, dans son histoire et ses racines ?

Bien sûr, on sait que c’est dans une visée purement électoraliste, pour éviter une énième déroute aux régionales de décembre prochain, que le PS et ses affidés ont réformé l’administration territoriale. Ce n’est qu’un leurre qui n’a trompé personne, comme la proportionnelle en 1986 !

Reste que cette funeste réforme est en train de vider notre pays de sa substance, qui était parvenu à une certaine stabilité : 101 départements, 22 régions métropolitaines.

Cette fusion des régions ne rime à rien. Il n’y a rien de commun dans les mentalités entre un Thouarsais (Deux-Sèvres), un Arcachonnais et un Biarrot. De même, il n’existe aucun lien commun (à part la nationalité) entre un habitant de Lurcy-Lévis (Allier) et un autre de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère). Mais 500 km séparent Thouars et Biarritz et 430 km séparent Lurcy-Levis de Saint-Christophe-en-Oisans. Chacun pour rejoindre sa capitale régionale respective ( et Lyon) devra faire trois heures de route aller et autant retour ! Bien sûr, il y a Internet, la dématérialisation. Pas sûr que le citoyen y gagne en termes de proximité ! C’est à croire qu’au nom d’une pseudo-simplification, on éloigne les Français des centres de décision. C’est à croire que la France devient l’Australie avec ses immensités désertiques !

Et puis, il y a ce double langage du gouvernement à vouloir ne mettre qu’une capitale régionale mais qui scinde les administrations : moitié dans la nouvelle, moitié dans l’ancienne. Franchement, à quoi ça rime ? Pour aller au fond des choses, et son gouvernement auraient dû rapatrier tous les services dans une seule région et, ainsi, réaliser quelques économies substantielles en fonctionnaires. Mais c’eût été se heurter frontalement aux syndicats avec d’importants risques de grève. Car c’est là aussi l’un des drames de cette fusion : l’argument avancé pour le passage de 22 à 13 régions - la réalisation d’économies - ne tient pas, et ne tient plus. Quelques milliards auraient pu ainsi retourner dans le porte-monnaie des Français. La peur de syndicats et de grèves générales a été trop forte !

En plus, c’est à se demander si la gauche ne se trahit pas elle-même ! Car la gauche s’est nourrie pendant deux siècles du jacobinisme révolutionnaire, faisant sauter l’organisation (assez complexe, il est vrai) de l’Ancien Régime : fini les bailliages, les sénéchaussées, les généralités, les pays d’État, les pays d’élection et les pays d’imposition. Cette organisation a été simplifiée et remplacée par l’Assemblée constituante en décembre 1789. La France était parvenue, nolens volens, à trouver un juste équilibre. Une fois de plus, la gauche vient tout bouleverser. Au nom de quoi ? D’une idéologie dépassée sous couvert d’affichage progressiste.

3 août 2015

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