Editoriaux - Politique - 23 décembre 2015

L’élue « malgré elle » Pernelle Richardot doit démissionner

Au lendemain des élections régionales, Pernelle Richardot, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la citoyenneté (ce n’est pas une blague), avait pris la tête de la fronde anti-Masseret en allant déposer à la préfecture le désistement de 71 colistiers pour demander le retrait de la liste PS et, donc, de sa propre candidature… sans succès.

« Poussée » par ses amis du Conseil fédéral du Parti socialiste du Bas-Rhin, on apprend que l’élue au second tour à « l’insu de son plein gré » siégera tout de même au sein de la nouvelle assemblée. Elle constituera certainement un groupe avec 10 autres élus « malgré eux » sur la liste dissidente de Jean-Pierre Masseret. Des « élus » qui pensent, peut-être comme elle, que la nouvelle grande région ne pourra pas se passer de leurs très nombreuses compétences.

Les réactions outrées de citoyens de toutes opinions politiques venant de tout le « Grand Est » et même au-delà ont été nombreuses, en particulier sur les réseaux sociaux. Par contre, la classe politique, dans un réflexe corporatiste, a fait le choix de saluer la démarche de Pernelle Richardot en y voyant du courage. Comprenne qui voudra. J’ai de mon côté pris l’initiative de lancer une pétition sur mesopinions.com avec, comme but, la démission de l’apparatchik le 4 janvier prochain, date d’installation du nouveau conseil régional. Cette pétition a recueilli en quelques jours plus de 4.000 signatures.

Le comportement de Pernelle Richardot, première secrétaire fédérale du Parti socialiste du Bas-Rhin, éloigne en effet les citoyens de la politique. Le récent changement de position de Xavier Bertrand, qui restera (tout bien réfléchi) élu municipal et président d’agglomération de Saint-Quentin en plus de sa nouvelle fonction de président de la région Nord Pas-de-Calais-Picardie, s’inscrit dans la même problématique tout comme le projet des « Républicains » de revenir en 2017 sur la loi anti-cumul, loi imparfaite mais qui a au moins le mérite d’exister.

Au-delà des résultats qui ne sont pas au rendez-vous depuis plus de 30 ans, n’est-ce pas là la vraie raison de la crise profonde que traverse notre démocratie : une classe politique déconnectée qui ne veut pas se réformer. Quelques mesures simples devraient pourtant permettre aux Français de retrouver de l’intérêt pour la vie politique de notre pays : une règle stricte de non-cumul, l’impossibilité de faire plus de deux mandats à la suite, une meilleure transparence dans la rémunération des élus, l’introduction de la proportionnelle.

Notre démocratie est malade mais la bonne nouvelle est que les remèdes sont connus.