Au moment où les chrétiens, dans certaines parties du monde, et singulièrement au Proche-Orient, sont martyrisés, à l’heure même où la qui a forgé notre civilisation depuis plus de 1.500 ans, et dont les monuments (matériels et immatériels) subsistent pour que persiste notre vision de l’existence, il est naturel de revenir au sein de notre demeure, celle qui fut la maison de nos pères. Ainsi Bergson, en 1937, face aux périls qui menaçaient le peuple dont il était issu : « J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. » N’est-il pas naturel de rester fidèle, en ces temps de péril, à la religion de ses ancêtres ?

Toutefois, pour partager l’amour fraternel, qui est le message premier du Christ, encore faut-il rester soi-même. Le cœur a bien sûr des raisons que la raison ignore, mais la raison, aussi, a des raisons qui deviennent caduques si le cœur s’y mêle trop. Jésus le dit bien : il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Dès lors que la fin des temps n’est pas advenue, ce sont les temps qui œuvrent à la machine, à la chair et aux contradictions du réel. Qui veut faire l’ange fait la bête.

La Conférence des évêques de France a rappelé, le 28 octobre, qu’il fallait aimer l’immigré. Soit. Au fond, c’est un homme. Du reste, à la messe, il est difficile d’entendre un message différent que celui-là. Chacun son rôle.

Cependant, même s’il est difficile, voire prétentieux, de vouloir donner des leçons, il semble (mais l’on peut se tromper) que l’Église, en imposant une seule lecture du monde, en voulant le plaquer sur le seul plan de la morale, dût celui-ci être celui, indiscutable, de Dieu, s’est trop imprégnée d’humanitarisme, dont les sources proviennent du XIXe siècle. Le simplisme hugolien, par exemple, enjoint des remèdes puérils pour guérir les maux humains. Il suffirait d’abattre le mal et de promouvoir le bien.

Si l’Ancien Testament est l’une des racines du christianisme, il est normal de se souvenir du « migrant » Abraham, de l’Exode (qui a, tout de même, avec Josué, fini par le massacre des Philistins et un Grand Remplacement) et, dans le Nouveau Testament, de Jésus, que tout homme peut accueillir dans la personne du pauvre. Au fond, même les païens ne disaient pas le contraire.

Il est plus étrange que cette même Église insiste, comme les immigrationnistes, sur l’hypothèse que nos ancêtres viendraient d’ailleurs. Il se peut, et l’on peut même remonter jusqu’à l’australopithèque. Mais ces « ancêtres », minoritaires, qui étaient-ils ? C’étaient des Européens, souvent catholiques, des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Polonais qui migraient en France à titre individuel. Certes, le chrétien vit d’instabilité et de foi. Mais est-il judicieux de vouloir sa propre mort ?

9 novembre 2015

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