Certes, l’Église grecque n’est pas à plaindre. Les amis de M. Mélenchon ont sans doute été surpris et déçus que l’Église grecque échappe aux rigueurs des nouvelles mesures fiscales annoncées pour renflouer les caisses de l’État. On a même pu lire, ici ou là, que l’Église orthodoxe serait dispensée de payer des . Et qui plus est, que les popes grecs seraient « riches comme Crésus ». Ces derniers sont certes, comme le clergé en , rémunérés par l’État (entre 700 et 1.000 euros selon leur ancienneté) mais n’échappent pas à l’impôt. Pas plus que l’Église orthodoxe grecque qui, par exemple en 2011, avait versé au fisc 12,5 millions d’euros pour l’ensemble des revenus de ses évêchés, monastères et paroisses.

L’Église a même annoncé, en avril dernier, contribuer à aider le pays à sortir de la : « Si l’État a besoin de nous, nous sommes là », a ainsi déclaré l’archevêque Hiéronyme II d’Athènes. « Nous pouvons utiliser les fonds issus de nos propriétés pour contribuer à rembourser une partie de la . » L’objectif, déjà avancé pendant le gouvernement précédent, serait de constituer une société commune avec le ministère des Finances pour la gestion des biens du clergé dont les revenus seraient répartis entre l’État et l’Église. Pourquoi ne pas l’avoir repris dans les propositions envoyées à Bruxelles ? Puisse-t-il, comme souvent en Grèce, ne pas s’agir que d’un vœu pieux…

Il est vrai que les Grecs eux-mêmes entretiennent des relations souvent passionnelles avec leur Église, où se mêlent des sentiments souvent contradictoires entre vénération et envie. Mais ils n’oublient pas que l’Église orthodoxe reste étroitement liée à leur libération du joug ottoman en 1827, et à l’idée même de la création de la nation grecque. Les biens immobiliers de l’Église ont notamment servi d’hypothèques à l’État grec pour l’émission de ses bons du Trésor. C’est encore elle qui a tenu lieu de garantie pour les emprunts de 1845 auprès de la Banque centrale d’.

Certes, l’Église grecque n’est pas à plaindre. Elle reste même, après l’État, le plus grand propriétaire foncier du pays. Mais comme dirait Mgr Antonios, numéro 2 dans la hiérarchie cléricale grecque : « Il est normal que notre Église soit en possession de certains biens puisqu’elle existe depuis 1.700 ans… Elle est bien plus ancienne que l’État grec. »

Un État grec chancelant dont l’Église orthodoxe reste la béquille indispensable encore aujourd’hui, assurant le soutien en ces temps de pénurie, distribuant des dizaines de milliers de repas par jour, payant les factures d’eau et d’électricité, les loyers et les impôts de familles dans le besoin.

10 juillet 2015

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