Dimanche dernier, à l’heure où débutait le match Algérie-Corée, tombait un résultat que les médias ont fort peu relayé : celui de l’élection législative de Valenciennes. En raison du retrait politique de Jean-Louis Borloo, son siège de député était remis en jeu et 9 candidats briguaient les suffrages des 81.000 électeurs de la 21ème circonscription du Nord. A peine un quart d’entre eux se sont déplacés, ce qui est devenu classique pour une élection partielle, mais ce qui le fut moins, ce fut l’ordre du quinté. Certes, le favori, Laurent Degallaix, poulain de Jean-Louis Borloo et maire de Valenciennes est arrivé largement en tête avec un très confortable 47 % des voix mais pour le reste, l’ordre d’arrivée a été complétement inattendu.

Le candidat du FN, Jean-Luc Laurent, avec plus de 18 % des voix a en effet coiffé sur le poteau tous les autres compétiteurs et se qualifie pour le second tour tandis que le principal challenger, Patrick Kolebacki , représentant du Front de gauche, que l’on attendait en seconde position, ne récolte guère plus de 10 % des suffrages. Son parti avait pourtant réalisé un score de 25 % il y a tout juste deux ans. Pire, la loi électorale votée en 2003 qui fixe à 12.5 % des inscrits le seuil au-delà duquel un candidat peut se qualifier au second tour, loi conçue à l’époque pour éviter que le FN ne vienne troubler le paisible bipartisme droite/gauche se retourne une fois de plus contre ses concepteurs et la gauche n’aura aucun candidat dimanche prochain.

Plus surprenante encore cette quatrième place qui échappe au PS et échoie à un dissident divers droite engagé sous le dossard « Nous Citoyens ». Alexandre Raszka, l’étalon du PS se contente donc de la cinquième place avec à peine 7 % des suffrages ; compte tenu du haut niveau de l’abstention, cela représente moins de 2 % des électeurs inscrits, très exactement 1470 voix sur 81000 électeurs potentiels. Pour le représentant d’un parti qui possède quasiment tous les pouvoirs en France, c’est saisissant. Même en additionnant le score des partis de la gauche et de l’extrême-gauche, de Lutte Ouvrière à Europe Ecologie-Les Verts, on obtient à peine 22.5 % des suffrages exprimés et 5.6 % des inscrits ! Lorsque l’on sait qu’avant la victoire surprise de Borloo en 1993, cette circonscription était un bastion du parti communiste et qu’aux législatives de 2007, la gauche récoltait encore 40% des voix, on mesure l’ampleur de la déroute. On comprend aussi pourquoi les médias ne se sont pas attardés sur ce résultat.

Seront-ils plus prolixes à l’occasion du second tour ? En théorie, ils devraient être en mesure d’annoncer la large victoire du candidat UDI soutenu par l’UMP et même par le PS, front républicain oblige. Sur le papier, le report des voix permettraient au poulain de Borloo de surclasser son concurrent frontiste avec un score à la Chirac/Le Pen de l’ordre de 80 % des voix contre 20% au FN. Mais cela, c’est sans compter sur le réveil possible d’une partie des abstentionnistes, sur l’effet repoussoir engendré par le soutien du PS au candidat UDI et sur l’effet mobilisateur de « l’enthousiasme bon enfant » de certains des supporteurs franco-algériens de dimanche dernier … affaire à suivre donc.

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26 juin 2014

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