Qu’avez-vous pensé de la polémique au sujet de l’installation d’une crèche de Noël dans la gare de Villefranche-de-Rouergue ?

Je pense que l’égalité, si on la laisse faire, va détruire l’identité nationale, comme elle a détruit l’école et la culture. Ne nous y trompons pas : pourquoi la laïcité revient-elle sur le devant de la scène ? Parce que de bons républicains voient en elle un rempart contre l’islamisation de la société. Mais ce rempart mal bâti va retomber sur eux, et sur nous. Il en va là comme des lois natalistes, qui en fait précipitent le changement de peuple. Pour interdire le voile islamique, on se croit obligé d’interdire en même temps tous les signes religieux. Et nous tolérons que la visibilité chrétienne soit bafouée, dans le vain espoir de pouvoir limiter grâce à cette concession la visibilité islamique, chaque jour plus manifeste. Cette conception de la laïcité est un piège fatal, mais, derrière elle, c’est l’égalité elle-même qu’il faut remettre en cause. L’égalité, dès qu’elle sort de son lit strictement juridique — l’égalité en droit des citoyens —, emporte et détruit tout ce qu’elle touche : la famille, le champ culturel, l’identité nationale. Si l’on veut que la France survive, il ne peut pas y avoir d’égalité, en France, entre ce qui est français et ce qui ne l’est pas ; entre ce qui fait partie de notre culture, de notre civilisation, de nos traditions, et ce qui leur est étranger ; entre la religion de nos pères et celle des colonisateurs.

L’Espagne vient de proposer une loi qui limiterait le droit à l’avortement. Votre réaction ?

Aïe… Vous avez décidé, pour fêter Noël, de me brouiller avec la moitié (au moins) de vos lecteurs ? Les lois espagnoles sur l’avortement étaient peut-être trop laxistes, je ne sais — de là à les abolir tout à fait, ou presque, c’est passer d’un excès à l’autre.

La dernière gaffe de François Hollande au dîner du CRIF au sujet de l’Algérie : cela vous fait sourire ou vous afflige ?

Tout m’afflige de ce qui survient mais cela ne m’empêche pas de sourire, ni même de rire. L’inconscient de François Hollande est assez distrayant. Manifestement, il juge de la métropole d’après ses colonies, et de l’Algérie elle-même d’après le 9-3 ou Roubaix-Tourcoing. Ses ministres, physiquement, sont plus en sécurité à Alger ou Oran qu’à Grigny, Villetaneuse ou Marseille-Nord. En revanche, ils risquent tout autant d’être humiliés et insultés, et de faire l’objet d’un incessant mélange de jérémiades et de menaces. L’Algérie du massacre des harkis, le doux pays de “la valise ou le cercueil”, celui qui n’a pas estimé qu’il serait vraiment libre et indépendant si demeurait parmi sa population un dixième d’hommes et de femmes qui, quoique présents sur son territoire depuis des générations, fussent étrangers à ses races, à ses langues, à ses traditions et à sa religion, et les a jetés à la mer en quelques semaines, ce pays-là, donc, qui vit gabegiquement depuis un demi-siècle dans les infrastructures laissées par la France, ce pays dont le président vient se faire soigner en France à la première occasion et dont la jeunesse ne rêve que de s’établir chez nous comme l’ont déjà fait tant de ses frères, ce pays-là, quand il tient un membre de notre gouvernement, est prompt à lui faire des reproches de génocide et à exiger de lui des actes de contrition.

Les municipales approchent : est-ce une échéance importante pour vous et pour votre parti ?

Ah, je le voudrais bien, car c’est une échéance importante pour la France et pour la lutte anti-remplaciste. Hélas, les champions du NON au changement de peuple et de civilisation ne sont pas assez nombreux, pour le moment, ni le NON assez riche, pour que nous puissions peser significativement sur le scrutin. Dans ces conditions, qui me désolent, nous soutiendrons bien sûr, comme nous l’avons déjà fait, les candidats les plus proches ou les moins éloignés de nos idées, au premier rang desquels ceux du Front national et du Rassemblement Bleu Marine.

25 décembre 2013

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