L’effacement de la dans est une réalité qu’on ne peut plus nier. Il est dû aux évolutions de celui-ci qui s’imposent à tous (recomposition des alliances, l’émergence de nouvelles puissances). Il est aussi le fruit du déclin spirituel d’une nation du fait de son incapacité à refuser certains diktats.

Le redressement de la France après la guerre et sa réaffirmation internationale sous le général prouve que rien n’est jamais écrit et qu’une nation peut renaître dès lors que ses dirigeants savent réaliser l’espérance qu’ils apportent. Une telle renaissance est d’abord spirituelle et non matérielle. Elle est portée par une vision ambitieuse et une action tenace (« une certaine idée de la France ») et non par un projet de gestionnaire chargé d’adapter à la France des décisions européennes et de faire des discours de et de commémoration culpabilisateurs. Ou par une excitation sarkozienne.

Cet abandon de toute ambition de faire de la France un grand pays passe aussi par l’abandon de sa culture et de sa langue. La médiocre qualité de l’usage du français qui émane de nos deux derniers Présidents participe de cette décadence culturelle et spirituelle. L’usage de l’anglais dans le monde du travail aussi.

Bien sûr, il se conçoit qu’un vendeur d’avions ou de satellites partant négocier de très gros contrats en ou au utilisera l’anglais – langue internationale dans les affaires en raison de la domination anglo-saxonne depuis la guerre – pour négocier et contractualiser. En revanche, il se conçoit moins de voir nos entreprises se coucher devant la dictature anglo-saxonne lorsque les enjeux ne le justifient pas. Tel est le cas d’une entreprise que je ne nommerai pas où l’on parle en anglais au directoire uniquement parce qu’un de ses membres est britannique. Et, bien évidemment, les indicateurs de performance doivent, eux aussi, être rédigés en anglais. C’est pourtant une entreprise française ayant son activité en France, de droit français, soumis à la législation française. Eh bien, la langue française avec sa richesse et ses subtilités doit s’effacer au profit d’un mauvais anglais des affaires totalement orienté vers le nouveau dieu de la performance financière. Et cet exemple n’en est qu’un parmi d’autres…

Voyez-vous le lien entre cet exemple et l’effacement de la France sur la scène internationale ? Il est pourtant bien là : comment s’étonner de cet effacement de la France dans le monde si, déjà, chacun à son niveau, nous ne sommes plus capables de défendre cet élément pourtant constitutif de ce que nous sommes qu’est la langue française ? Multipliez cet exemple par centaines de milliers à tous les échelons du monde des affaires et de l’État, et vous participez à affaiblir le rayonnement culturel et spirituel de la France.

Si, en plus, nous sommes gouvernés par des boutiquiers chargés de mettre en œuvre les décisions de Bruxelles… alors je vous laisse voir le résultat.

30 avril 2016

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