Le maire de , M. Robinet, membre du LR, parti jusqu’alors assimilé aux prohibitionnistes du cannabis, s’exprime en faveur de sa légalisation, proposant que sa ville soit le siège de son expérimentation. Sait-il encore où il habite, et pour son appartenance politique, et pour sa ville, cité historique, mondialement identifiée au champagne ? Deviendra-t-elle « Shit-ville » ou « Joint-ville » (sans pont) !

M. Robinet, ni psychiatre, ni médecin, ni pharmacien (contrairement à ce que voudraient faire accroire ceux qui appuient sa proposition), a fait des études scientifiques, suivies par une thèse de pharmacologie, prolongée d’autres travaux, tous étrangers à la neurobiologie et aux toxicomanies. Son adhésion à la légalisation du cannabis repose donc sur des convictions, dénuées de compétences.

La loi de 1970 prohibant le cannabis pressentait les méfaits à cette drogue ; les cinquante ans qui l’ont suivie les ont précisés, en y ajoutant d’autres encore plus graves.

Une toxicité psychique majeure : ivresse à l’origine d’accidents routiers et professionnels, majorée par l’association à l’alcool (champagne ou cannabis, il faudra choisir) ; effets désinhibiteurs libérant des pulsions agressives (rixes, viols…) ; « crétinisation » (« la fumette, ça rend bête ; le chichon, ça rend con », « pétard du soir, trou de mémoire ») ; démotivation (« pétard du matin, poil dans la main ») ; induction d’anxiété et de dépressions, pouvant mener au suicide ; perturbation de la maturation cérébrale (entre 12 et 20 ans), avec diminution du quotient intellectuel et émergence possible de la schizophrénie (« la folie ») ; incitation à consommer d’autres drogues conduisant aux polytoxicomanies. Induction, par son tétrahydrocannabinol, d’effets épigénétiques qui modifient le niveau d’expression de certains gènes, affectant les caractères qu’ils expriment (le phénotype). Les individus en âge de procréer qui exposent leurs spermatozoïdes ou leurs ovules au THC transmettent à leur enfant ces modifications, qui peuvent être à l’origine de troubles autistiques, de la schizophrénie, d’une attirance vive pour les drogues qui s’exprimera à l’adolescence… Le fumeur de cannabis non seulement s’inflige divers méfaits, mais fait hériter sa progéniture de divers autres.
Sa toxicité physique l’emporte sur celle du tabac (qui tue, chaque année, 75.000 Français). Citons les cancers, les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus du myocarde (3e cause)… Les femmes enceintes fumant du cannabis exposent leur enfant à des risques tératogènes, de mort subite, de ralentissement de leur développement psychomoteur, d’hyperactivité avec déficit de l’attention, d’une grande vulnérabilité aux toxicomanies…

La France est, en Europe, le premier consommateur de cannabis (1.500.000 « usagers réguliers ») ; sa consommation débute désormais au collège, usant de produits aux taux de THC multipliés par six en trente ans, avec de nouveaux modes de consommation (pipes à eau, e-cigarettes avec des recharges « d’huile de cannabis »…) qui augmentent sa cession à l’organisme.

Oubliez les revenus que sa légalisation apporterait au budget ; pour 1 dollar collecté, l’État du Colorado doit débourser 4,5 dollars pour assumer les conséquences néfastes de sa consommation.
Oubliez la disparition de la pègre que réaliserait la légalisation. Le cannabis légalisé serait cher pour être dissuasif et faiblement dosé en THC pour être moins toxique ; les dealers vendraient moins cher un cannabis plus « puissant » ; ils y ajouteraient la vente d’autres drogues que, dans la même logique, il faudrait légaliser.

Les jeunes qui s’abstiennent du cannabis le font, pour 60 % d’entre eux, par crainte de sa toxicité, et pour les 40 % restants, par respect de son interdiction. Leurs bonnes résolutions seraient ruinées si cette drogue était légalisée. Comment continuer de croire que le cannabis est dangereux si l’État, protecteur par destination, levait son interdiction ? Le nombre des consommateurs tendrait alors vers les 4 à 5 millions d’alcoolo-dépendants et même les 13 millions de tabagiques.

Voilà comment, Monsieur le Maire, une prévention foncièrement déficitaire serait complètement annihilée. Je vous conjure, pour vos responsabilités, pour la nation et pour notre jeune génération, de ne pas persévérer dans cette erreur.

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