Après un premier article lui étant consacré dans Le Figaro du 16 septembre dernier, l’écrivain algérien Boualem Sansal semble omniprésent dans les pour son livre intitulé 2084, en lice pour un certain nombre de prix littéraires en France. Et après Le Figaro, c’est qui s’y collait dans son numéro du 12 octobre. Libération cite d’ailleurs l’article du Figaro en rappelant que Boualem Sansal y soulignait « la lâcheté de nos gouvernements face à la progression d’un islam sectaire ».

Le journal semble s’étonner que l’auteur ait été taxé d’ à cette occasion, lui qui n’hésita pas, à travers l’article de Laurent Joffrin consacré aux polémistes « réacs », à accuser du même péché nos Onfray, Zemmour et autres Finkielkraut (« L’islam, c’est la grande affaire. C’est l’obsession autour de laquelle tournent nos penseurs passéistes »).

À la question de Libération « L’Abistan, cette dictature religieuse au centre de votre dernier roman, 2084, est-elle imaginable en ? », l’auteur répond : « Dès lors que les islamistes ont accepté l’idée contre-nature pour eux qu’il fallait en passer par des partis civils pour conquérir les cœurs et les esprits, on peut considérer, oui, que l’Abistan est déjà en construction et en état de grand avancement. » Point d’islamophobie, donc, pour Libération, de la part de Boualem Sansal. Mais qu’un dénonce des patrouilles d’une « police de la charia » dans les rues de Wuppertal en Allemagne, il ne peut s’agir que des délires obsessionnels d’un islamophobe contrarié, si nous avons bien saisi le subtil Joffrin dans son article anti-réacs.

Il serait très intéressant de confronter ce beau monde sur un plateau télé, et de savoir ce que pense notre auteur algérien sur la façon dont nos intellectuels « réacs » abordent l’islam, eux qu’on accuse de faire le jeu de l’, lorsque l’on ne les accuse pas de l’incarner. Mais nous avons eu, lundi soir, un début de réponse pour le moins intéressant…

Lundi 12 octobre, nous retrouvions en effet notre nouveau chouchou des médias sur le plateau très politiquement correct d’i>Télé pour un entretien avec Olivier Galzi. Et lorsque ce dernier pose une question ressemblant fort à une perche particulièrement grosse, la réponse n’est sans doute pas exactement ce qu’il espérait… Jugez plutôt : « En France, les intellectuels se sont emparés du sujet, Houellebecq, Finkielkraut, Onfray, euh… c’est bien qu’ils le fassent ? » Réponse de l’intéressé : « C’est bien, je trouve ça formidable que, voilà, on commence à être nombreux quelque part à interpeller les gens, au-delà de leur raconter des histoires, on les interpelle et puis en espérant que ce discours sera entendu par les autorités » […] Message transmis à Laurent Joffrin !

Tout cela laisse à penser que le malentendu se situe incontestablement entre Boualem Sansal et le directeur de Libération, et non entre Boualem Sansal et les « polémistes réacs » si chers à Joffrin. Sans oublier – comment le pourrait-on – le non moins subtil et finaud Juppé, lequel définit de « catastrophique » la vision d’intellectuels dont monsieur Sansal semble féliciter la démarche en s’emparant du sujet.

15 octobre 2015

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