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Luca Gallesi, diplômé de l’école de lettres de Milan, nous offre un livre tout à fait étonnant: Il était une fois l’économie. Dans les premières pages, le lecteur peut penser qu’il s’agit d’un livre farfelu un peu « tiré par les cheveux », tant le parallélisme entre les deux contes modernes Le Magicien d’Oz et Mary Poppins et les problèmes économiques anglo-saxons de 1870 à 1930 paraît étonnant.

Ce livre est, au contraire, d’une grande profondeur, tant du point de vue de l’analyse de l’économie, de l’évolution de l’histoire des idées aux États-Unis que de l’évolution des sociétés vers une augmentation des inégalités.

Il nous montre aussi à quel point les débats économiques aux États-Unis à la fin du XIXe siècle sont étonnamment modernes et pourraient nous aider à sortir de notre crise du début du XXIe siècle.

Un des thèmes fondamentaux du magicien d’Oz semble profondément abscons, même pour des économistes dont votre serviteur. Il s’agit du débat sur le bimétallisme : la monnaie doit-elle être uniquement basée sur la valeur de l’or ou d’un mélange d’or et d’argent ? Comme de grandes quantités d’argent avaient été découvertes aux États-Unis, l’économie aurait pu sans problème avoir suffisamment de monnaie pour fonctionner correctement. Mais le système financier de la côte Est, ayant un monopole sur l’or, ne l’entendait pas de cette oreille !

Ce débat sur la quantité de monnaie nécessaire au bon fonctionnement d’une économie est fondamental. Aux États-Unis et en Angleterre hier, en France aujourd’hui, la monnaie est créée uniquement par de la dette. Plus l’économie croît et a besoin de monnaie pour son expansion, plus les monceaux de dette s’empilent. Elle prend alors de telles proportions qu’elle finit invariablement par étouffer l’économie et être irremboursable.

La dette asphyxiant toute l’économie, le pays se déchire pour savoir qui doit supporter le plus le poids de la dette : les riches par la hausse des impôts ou les pauvres par la baisse des prestations sociales et le budget de l’État protecteur ? Mais cela ne résout évidemment rien. La conclusion inéluctable est alors une crise économique colossale, puisque l’économie ne peut plus « payer les intérêts de la dette » accumulée, ce processus entraînant des faillites en chaîne.

Ce nœud de dettes et de conflits à l’intérieur de la société ne se résoudra que par quatre solutions :

– La création d’une guerre, ce qui permet de diriger la violence interne vers l’extérieur, de rendre ce problème de dette subalterne et de le résoudre magiquement par un surcroît d’inflation.

– Une restructuration de la dette publique qui permette à l’État d’alléger sa dette afin de stopper l’étouffement de
l’économie.

– La création d’inflation par des moyens divers afin que la dette se réduise naturellement.

– La dernière solution est la meilleure : la banque centrale crée de la monnaie en utilisant la « planche à billets » dont le produit revient à l’État. Une dose de 2 à 5 % du PIB est idéale pour relancer la croissance et désendetter doucement l’État, donc nous. Luca Gallesi nous montre que le président américain Abraham Lincoln avait bien compris les dangers du système de création monétaire purement privé. Il fut malheureusement assassiné avant de pouvoir le mettre en œuvre. Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas eu de tels politiques courageux au pouvoir !

27 septembre 2015

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