Le Venezuela de Maduro s’enfonce dans le chaos

Ce ne sont pas les invraisemblables insultes proférées dernièrement à l’encontre de Mariano Rajoy, l’actuel Premier ministre espagnol (« Raciste, je te dis Rajoy, ordure corrompue, je te dis Rajoy, ordure colonialiste, je te dis Rajoy »), par Nicolás Maduro, le président du , qui sortiront ce pays de son impasse politique, sociale et économique.

Elles ne font que participer de ce chaos dans lequel ce pays s’enfonce depuis le décès, en 2013, de Hugo Chávez et l’accession au pouvoir de celui qui était alors son vice-président, élu pour six ans à la charge suprême avec la plus infime des marges : 50.63 % des voix.

En décembre 2015, pour la première fois depuis 1998, le parti au pouvoir, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), était sévèrement battu aux législatives par le MUD (Mesa de la Unidad Democrática), une coalition antichaviste disparate mais unie.

Depuis plusieurs mois, une véritable bataille institutionnelle s’est donc engagée entre ces deux forces : l’opposition veut réduire le mandat de Nicolás Maduro à quatre années et tente d’imposer l’organisation d’un référendum pour obtenir sa révocation. Ces deux procédures, complexes, nécessitent l’examen et l’accord de deux instances proches de l’actuel gouvernement, le Tribunal suprême de justice et le Conseil national électoral. Il est peu probable qu’elles puissent rapidement aboutir.

Sur le plan social et économique, la terrible crise économique que traverse le Venezuela ne fait qu’attiser les tensions sociales. La chute des prix du pétrole pour un pays qui tire plus de 95 % de ses devises de cette ressource et qui, parallèlement, importe la quasi-totalité de ce qu’il consomme, l’absence de réformes structurelles effectuées depuis des années au profit d’alliances géopolitiques à visées surtout antiaméricaines alors que, rappelons-le, le baril de pétrole était à l’époque à plus de 100 dollars, des secteurs agricoles et industriels obsolètes ou abandonnés, ont fait sombrer ce pays, pourtant détenteur de réserves de pétrole et de gaz parmi les plus importantes au monde…

Avec des conséquences économiques désastreuses : pénuries de produits de base, de médicaments, inflation gigantesque, une des plus élevées du monde (180 % en 2015, 141,5 % en 2014), hausse des prix vertigineuse : 130 % pour les transports, 315 % pour certains produits alimentaires ou encore plus de 100 % dans le domaine de la santé…

Comment s’étonner, dès lors, selon le rapport d’un observatoire de la sécurité basé à Mexico, qu’en quelques années, Caracas soit devenue el número uno du Top 50 des villes les plus dangereuses du monde, avec plus de 4.000 meurtres en 2014 !

La grande incertitude, pour l’instant, concerne l’attitude de l’armée devant cette situation politique et économique explosive. « Le président est la plus haute autorité de l’État et nous lui réaffirmons notre loyauté absolue et notre soutien inconditionnel », avait déclaré, début 2016, le général Vladimir Padrino López, le ministre de la Défense.

Jusqu’à quand ?

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