Il semble qu’une crise sérieuse soit en fermentation au Vatican, avec une montée des tensions entre le pape François et plusieurs cardinaux. Certes, l’Église a toujours été en crise, et avant même d’exister, à l’époque de saint Jean-Baptiste emprisonné, elle paraissait déjà compromise… Ces dernières décennies, la situation a empiré avec le fameux concile Vatican II, qui fut suivi d’une réforme “protestantifiante” de la messe catholique. Même si ce concile est un objet historique sans doute complexe à cerner dans ses événements et ses buts, le résultat pratique visible est globalement désastreux, en termes de fréquentation des églises, par exemple. À l’époque, la résistance fut très faible, hormis le cas bien connu de Mgr Lefebvre, qui fut in fine contraint de créer un organe nouveau – la Fraternité Saint-Pie-X – pour pérenniser la messe catholique traditionnelle (pléonasme).

Si on récapitule les épisodes récents, après la démission inattendue de Benoît XVI, un certain Bergoglio est devenu pape sous le nom de François, qui décidément ne réussit pas très bien à ceux qui le portent ces derniers temps. Au début, on ne savait pas trop où se situait le pape François sur le plan doctrinal. Sa communication était brouillonne, mal préparée et fréquemment contradictoire, un coup dans le zig moderniste, un coup dans le zag conservateur. Mais, peu à peu, il est apparu comme un « progressiste », comme on dit, et même progressiste jusqu’à troubler plus d’un. C’est ce qui fait de plus en plus débat.

Mais la résistance aux dérives papales vient, cette fois-ci, de l’intérieur de l’Église. Une poignée de cardinaux, qui seraient suivis discrètement par 20 ou 30 autres, ont soumis leurs dubia (doutes) au pape, concernant cinq points précis à éclaircir, au sujet de son exhortation post-synodale Amoris lætitia, qui tend à embrouiller les notions de péché, d’adultère, de communion, de mariage, etc. Plusieurs esprits éminents ont déjà explicitement montré du doigt les failles béantes du texte, en rupture manifeste avec l’enseignement catholique. D’abord émis en secret, les dubia ont été rendus publics le 14 novembre 2016. Première étape vers la collision.

Faute de réaction autre que le mépris et une crispation autoritaire, d’autant plus étonnante chez ce pape qui se veut ouvert à un gouvernement plus collégial, les cardinaux ont prévu de passer au cran suivant. Après les fêtes de Noël et de l’Épiphanie, ils émettront ce que le jargon procédural appelle un « acte de correction formelle ». Ce sera, évidemment, une sorte d’humiliation. Mais une clarification salutaire par rapport à la division délétère qui mine l’Église.

À mon avis, il est déjà possible d’affirmer que ce pape François ne laissera pas un bon souvenir dans l’histoire de l’Église. Espérons que les papes suivants seront meilleurs. Prions que cela advienne rapidement.

22 décembre 2016

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