À propos du Parlement anglais, notamment pour expliquer sa souveraineté par rapport à la Couronne, on avait coutume de dire qu’il pouvait tout faire, sauf changer un homme en femme. Ceci demeure en partie vrai, sauf à considérer qu’en ayant autorisé, par une loi du 17 juillet 2013, le « mariage » des pairs du royaume, les chambres basse (Westminster) et haute (House of Lords) ont repoussé un peu plus les frontières de leur liberté législative. Mais force est de reconnaître la prolifique inventivité de la perfide Albion et de ses sœurs du Commonwealth qui, après la Grande Charte de 1215, l’anglicanisme et le rosbif à la gelée de groseilles, offrent au monde entier un… troisième sexe !

C’est ainsi que, très sérieusement, la Haute Cour d’ (équivalent de la Cour suprême aux États-Unis) a reconnu « qu'une personne peut être ni de sexe masculin ni de sexe féminin et autorise donc l'enregistrement d'une personne comme étant d'un genre non spécifique ». En l’occurrence, l’affaire concernait une personne née de genre masculin qui avait subi une intervention chirurgicale pour changer de sexe en 1989. Celle-ci ayant échoué, le registre d'état civil de Nouvelle-Galles du Sud (l'État de Sydney) avait accepté de l'enregistrer sous la catégorie « genre non spécifique », jusqu’à ce que l’administration retire sa décision.

L’honnêteté commande, tout de même, de reconnaître que les législateurs népalais et allemands avaient précédé le juge australien. Ainsi, en , une loi du 1er novembre 2013 permet-elle désormais d’inscrire un enfant à l’état civil sans que soit mentionné son sexe biologique. Au Népal, la loi est intervenue fin janvier 2013. Toutefois, comme aurait dit Pascal en inversant la formule, « vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà ». Le Népal, comme l’Inde voisine, ont une conception différente des Occidentaux en matière d’identité sexuelle. L’intersexualité, bien que n’étant pas la norme sociale majoritaire est, en effet, une réalité anthropologique impliquant l’appartenance à une caste particulière comme celle des « Hijras » en Inde.

Vérité ethnologique inexistante dans les sociétés blanches occidentales et européennes qui ont entamé la longue marche de leur inexorable déclin. L’esprit public européen, frappé d’anomie durkheimienne, est corrélativement consumé par un désir hédoniste illimité et irrépressible. La quête folle et effrénée de l’individu-roi cherchant à imposer sa souveraineté à la nature est fort ancienne. Marcel Gauchet, à la suite de Louis Dumont, parlait d’une « genèse métaphysique de l’individu » remontant aux sociétés chrétiennes médiévales et dont l’épiphanie s’est accomplie, de manière éclatante, dans son « hypercontemporanéité », au XXe siècle.

Cette reconnaissance de ce que l’on appelle abusivement « un troisième sexe », en référence au second, existentialisé par Simone de Beauvoir, est un non-sens, car il n’y aura jamais que deux sexes. Comme l’observe Sylviane Agacinski, citée par Alain de Benoist (Les Démons du bien, p. 116), « la diversité des orientations sexuelles ne supprime pas la dualité des sexes : elle la confirme au contraire ».

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6 avril 2014

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