Sénateurs et députés se sont mis d’accord sur le 3e correctif budgétaire de l’année qui ressemble plus à du « sauve qui peut » financier devant la gravité de la crise qu’à des mesures pensées et calibrées, mais nos parlementaires n’avaient guère le choix. Le projet de loi qui sera définitivement adopté, ce jeudi, prévoit une récession historique de 11 % (heureusement conjoncturelle), un déficit pour 2020 de 11,5 % (au lieu de 3,2 % avant la crise) et une dette qui, fin 2020, sera à 120 % du PIB (un saut de 20 % en un an), comme le rappelle Le Figaro. D’après certains économistes, nous mettrons trente ans à rembourser le surplus de cette dette, prévision aléatoire vu notre incapacité, depuis cinquante ans, à combler le déficit.

45 milliards d’euros vont être distribués dans les secteurs les plus impactés : tourisme, aéronautique ou automobile. Cela maintiendra à flot Airbus, Renault et Air France, ce qui est indispensable, sauf à voir la France plonger dans le sous-développement. 4,5 milliards d’euros seront dégagés pour les collectivités locales pour compenser les dépenses de santé et pour remplacer en partie les taxes de séjour que ne payent plus les touristes. 744 millions sont prévus pour l’aide exceptionnelle à l’apprentissage, 50 millions pour les repas à 1 € des étudiants les plus précaires, 75 millions pour renouveler les véhicules de la gendarmerie. 490 millions serviront à décarboner la France, selon les termes de la nouvelle doxa écologiste et à des projets de relocalisation industrielle. Enfin, 250 millions serviront aux transports.

Chaque employeur embauchant un salarié de moins de 25 ans sera exonéré de 4.000 euros de charges, et cela, jusqu’à 2 SMIC (au lieu de 1,6, au départ). Cela coûtera 1 milliard d’euros. De même, des mesures de soutien aux soignants, aux militaires ou d’aide à l’abonnement à un journal ou un magazine pour les Français les moins aisés ont été adoptées. Enfin, les transports parisiens mis à mal par la crise recevront 180 millions, après avoir déjà perçu 450 millions. Mais la présidente de la région Île-de-France estime ce geste insuffisant.

La Sécurité sociale, qui aurait dû être proche de l’équilibre en 2020, va accuser un déficit de plus de 50 milliards d’euros, en 2020, et de 40 milliards, les années suivantes. La dette totale, estimée à 131 milliards, sera l’objet d’un traitement à part avec un remboursement dédié, avec le prolongement jusqu’en 2033 qui aurait dû prendre fin en 2024. Ceci constituera un alourdissement de la fiscalité, contrairement aux engagements du Président Macron.

Il n’y aura pas de 4e budget rectificatif, vu que nous nous approchons de la fin de l’année. Les 100 milliards annoncés le 14 juillet par le chef de l’État seront intégrés au budget 2021.

Ce budget montre l’intensité du désastre. La France jongle avec des centaines de milliards d’euros qu’elle n’a pas. On injecte d’énormes quantités de liquidités dans le système économique en espérant le faire repartir. Nous n’avons guère le choix, mais nous usons de nos dernières cartouches et nous risquons, désormais, la faillite pure et simple, la fermeture du robinet des emprunts avec, pour conséquence, l’impossibilité de payer les fonctionnaires et les services publics. C’est ce qui se passe actuellement au , par exemple.

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