Il fallait oser, ils l’ont fait. Le Syndicat de la magistrature ne recule devant rien. Montrés du doigt et poursuivis en pour leur « », nos magistrats sont passés à la contre-attaque. Après avoir fait le dos rond pendant 48 heures, ils dénoncent maintenant (lisez avec attention) « une violation de [leur] sphère syndicale », s’interrogent sur « un journaliste qui filme en cachette l’intérieur d’un local syndical à l’insu de ses occupants », s’en prennent au site Atlantico, qui a révélé l’affaire, « proche de la droite la plus dure » !

Et de continuer dans le même registre en se posant, cette fois, en… victime : « En plus de 40 années de combats pour les droits des magistrats et les libertés publiques, le Syndicat de la magistrature a dû faire face à de multiples tentatives visant à l’empêcher de s’exprimer. Vous venez [] de vous inscrire dans cette longue tradition, nous le regrettons vivement. » La ministre de la a, il est vrai, après quelques tergiversations, dénoncé « un acte insupportable, stupide et malsain » : de quoi provoquer l’ire d’un syndicat qui se vit comme chez lui place Vendôme…

On en reste estomaqué ! Voilà des magistrats qui se comportent de façon indigne — n’hésitant pas à afficher sur leur « mur des cons » la photo de Philippe Schmitt, le père d’Anne-Lorraine, assassinée de 34 coups de couteau dans le RER D par un récidiviste —, voilà des syndicalistes qui devraient dorénavant raser les murs des prétoires ; et non, ils pérorent, attaquent, dressent des réquisitoires.

De quoi s’inquiéter, vraiment. Nous risquons donc, devant un tribunal, de nous retrouver face à de pareils personnages, arrogants, menaçants, d’un sectarisme à toute épreuve ! Croire à la justice va demander des efforts. Respecter la chose jugée va exiger de prendre sur soi.

On ne peut en rester là. Le Syndicat de la magistrature ne s’est pas seulement déshonoré dans cette affaire. Il a montré, à ceux qui l’ignoraient ou ne voulaient pas le voir, son vrai visage. Sûr de lui, méprisant à l’égard des victimes — « On voit à travers de tels actes le mépris et la haine que ces magistrats éprouvent pour des familles comme nous », écrit, fort justement, Philippe Schmitt —, enfermé dans ses certitudes, aveugle aux autres.

C’est de loin ce qui est le plus grave avec ce « mur des cons ». Le Syndicat de la magistrature devra s’en expliquer devant la justice. Il se trouvera, j’en suis sûr, des juges pour le condamner. Et montrer ainsi qu’ils ont une autre conception de leur métier et de la justice.

P.S. Un grand bravo à nos confrères qui, à l’image de Libération, enquêtent pour débusquer celui ou celle qui aurait filmé le fameux mur. Voilà un travail d’investigation qui les honore. Ou plutôt de délation.

28 avril 2013

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