N’en déplaise à Nicolas Gauthier et à sa frénétique envie de croire ce qu’il dit, il a, dès qu’il s’agit d’islam, des œillères et des analyses étonnantes, alors qu’on connaît l’excellence de sa plume, gouleyante et pertinente sur presque tous les autres sujets.

À le croire, que le lycée musulman Averroès soit classé dans les meilleurs lycées pourrait être le signe — que dis-je, l’étoile ! — qui nous amènerait à découvrir un nouvel islam, une ouverture au cœur de l’obscurantisme et de la barbarie qui s’abattent là où l’ est un système politico-religieux majoritaire.

Las ! Foin des lanternes, il ne s’agit que de vessies. C’est que l’ami Nicolas oublie juste quelques petites choses.

Pourquoi de nombreux lycées privés, catholiques ou musulmans, sont-ils considérés comme excellents ? Serait-ce parce qu’ils n’enseignent ni la ni la morale laïque selon Peillon ? Non, le succès des écoles privées confessionnelles a pour raison la destruction délibérée de l’école publique. Sur les bancs des établissements publics, en effet, on est obligé d’accepter les élèves perturbateurs, les glandeurs et autres empêcheurs d’enseigner en rond. Tandis qu’à l’école privée, on est maître chez soi… et on ne présente au bac que des élèves qui ont joué le jeu et travaillé, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix et que leurs parents et enseignants sont exigeants.

À l’école publique quand, par extraordinaire, on a réussi à réunir un conseil de discipline malgré l’opposition des associations de parents d’élèves et des gauchistes plus que présents dans le corps enseignant, malgré les mauvaises notes distribuées aux chefs d’établissement qui osent ces pratiques « d’un autre âge », on est obligé de trouver un autre établissement — public, forcément — à l’élève exclu… Et on ne fait le plus souvent qu’échanger Pierre contre Paul… il faut bien se rendre service entre chefs d’établissement.

L’école publique perd chaque année de plus en plus d’enseignants motivés : l’indiscipline devenue la règle, la débilité des programmes et le pédagogisme obligatoire ont eu raison des meilleurs. Les plus anciens fuient, et les jeunes, brillants, motivés, font autre chose ou… postulent dans les établissements privés, histoire d’avoir un public un peu plus choisi.

Et puis, il est interdit à un musulman de voler ou agresser un autre musulman. Ceci explique l’absence de racket, de vols et de violences au lycée Averroès, lycée communautariste s’il en est : les photos que l’on voit ici ou là montrent toutes les filles en niqab.

Enfin, quand vos parents déboursent 1.200 euros par an pour votre scolarité, ou que vous êtes accepté comme boursier dans ce d’établissement, vous vous tenez à carreau. Parce qu’il y a une sanction. Pas parce que le lycée est musulman…

Néanmoins, si j’avais le choix entre l’école publique de Lille et le lycée Averroès, ce serait, malgré tout, l’école publique. Voir ma fille regardée de travers parce que sans voile, obligée de manger à la cantine et de révérer l’islam, ce serait lui faire un cadeau sacrément empoisonné.

10 mai 2013

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