Editoriaux - Histoire - Politique - 2 novembre 2016

Le SIEL se dégage … en vue d’un rassemblement bleu horizon ?

Dans un entretien au journal Minute, Karim Ouchikh, président du parti Souveraineté, Identité et Libertés, jusqu’à présent composante essentiel du Rassemblement Bleu Marine aux côtés du FN, annonce les raisons pour lesquelles le comité directeur de son mouvement se prononcera ce samedi sur un probable divorce avec le parti frontiste, pour son désengagement du RBM.

En ligne de mire, on trouve naturellement la ligne Philippot, clairement résumée lorsque Karim Ouchikh décrit un FN qui “se crispe depuis trois ans sur un rapport indigent à la politique qui se réduirait au seul clivage mondialistes/patriotes”, lequel existe, certes, mais ne peut servir de grille de lecture unique, et sur “un projet politique aseptisé qui évacuerait les questions identitaires et les préoccupations sociétales”. Ces questions sont pourtant les seules qui, ces dernières années, ont fait sortir les Français de leurs gonds et en ont fait sortir plus d’un million dans la rue.

Cette rupture annoncée est encore plus explicitement liée au refus « de la direction du FN » de s’allier avec la « droite villiériste », avec cette « droite hors les murs » qui s’est rassemblée lors des journées de Béziers à l’invitation de Robert Ménard, une droite qui couvre pourtant un espace électoral potentiellement immense, : celui qui va des sympathisants LR tendance Wauquiez-Meunier aux militants FN tendance Marion Maréchal-Le Pen en passant par les partisans du PCD de Jean-Frédéric Poisson ou du MPF de Philippe de Villiers.

Cette droite traditionnelle avait été évincée de la direction du pays dès 1974, l’élection de Valéry Giscard d’Estaing ayant entériné politiquement la victoire idéologique de Mai 1968 ; cette droite, nous l’avons ensuite connue malade puis moribonde, et beaucoup ont cru l’enterrer définitivement lors des funérailles de Philippe Séguin. Et pourtant, cette droite de conviction s’est révélée étonnamment vivace lors du débat sur la loi Taubira et elle montre de nouveau sa détermination au travers de la fronde des forces de l’ordre, fronde très activement soutenue par le SIEL, notamment par l’intermédiaire de Sébastien Jallamion.

Il n’y a plus, désormais, qu’un seul pas à franchir pour assurer la résurrection spectaculaire de ce mouvement en phase avec les aspirations profondes – et par conséquent encore souvent inconscientes – de la majorité des Français : sa structuration en un mouvement politique susceptible de conquérir et d’assumer le pouvoir. Il s’agit de réaliser ce que le FN n’a pas su et surtout pas voulu réaliser, à savoir créer un rassemblement de toutes les forces de droite, au fonctionnement interne plus démocratique et plus ouvert que celui des partis actuels – FN compris -, mais qui soit suffisamment organisé cependant pour peser lors des prochaines échéances électorales. Il s’agit de fédérer tous ces mouvements associatifs ou politiques qui se reconnaissent dans cette droite hors les murs, tous ces mouvements que Florian Philippot qualifie vaniteusement de « groupuscules » mais qui, une fois réunis, compteront bien plus de membres que le FN.

Il s’agit de porter sur les fonts baptismaux une sorte de Rassemblement Bleu Horizon, la couleur de nos deux millions d’ancêtres, morts ou gravement blessés, qui se sont sacrifiés pour la France au cours de la Première Guerre mondiale, la couleur de cette Chambre des députés élus au mois de novembre 1919, l’une des plus à droite de toute l’histoire de la République française.

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