Editoriaux - Polémiques - 9 septembre 2019

Le saviez-vous ? Lilian Thuram et Rokhaya Diallo vont prêcher la bonne parole dans les écoles…

Dans l’émission « On refait le monde », sur RTL, Rokhaya Diallo a volé au secours de son ami Lilian Thuram – en 2010, ils avaient cosigné le manifeste Pour une République multiculturelle et postraciale -, dont la récente charge contre « le racisme dans la culture blanche » a suscité « la polémique ». Pour lui, on ne parle pas de dérapage, cette rhétorique de la sortie de route et de la mauvaise conduite est réservée à ceux qui pourraient émettre une objection, comme Pierre Ménès témoignant, en fin de semaine dernière, du traitement dont a fait l’objet son fils lorsqu’il a voulu se mettre au foot.

Jusque-là, rien d’étonnant. Plus étonnantes, en revanche, sont les interventions que Rokhaya Diallo effectue, on l’apprend au cours de cette émission, avec Lilian Thuram et sa fondation contre le racisme dans le cadre scolaire. Rokhaya Diallo explique, en effet, que tous deux, sans « convoquer les médias », (ce qui, pourtant, aurait eu au moins le mérite de tenir au courant les parents), vont « dans des écoles », « à 8 heures du matin », « voir des enfants pour leur expliquer comment sont construites les catégories raciales ».

Autoproclamés éducateurs, ils vont donc assener leur doxa pour le moins sujette à caution et explosive dans une société communautarisée dangereusement inflammable comme s’il s’agissait d’un cours magistral, avec l’autorité et l’ascendant conférés à un intervenant agréé, accueilli et introduit en tant que tel par le corps professoral.

Si, d’aventure, ces jeunes, tout ouïe, décidaient de suivre ensuite sur les réseaux sociaux ou dans la presse ces prestigieux mentors, ils seraient édifiés :

Rokhaya Diallo, donc, qui traite Charlotte d’Ornellas de moins qu’une p… ou, plus récemment, se paie la tête du fils de Pierre Ménès qui n’aurait pas, selon elle, subi de racisme anti-Blanc (puisque-cela-n’existe-pas, répétez après moi), mais auquel on n’aurait pas passé le ballon simplement parce qu’il « n’a aucun talent en foot »… Si on la suit, il serait donc justifié, pour un écolier, de refuser de faire un exposé ou tout autre exercice collectif avec un camarade moins doué ou d’origine étrangère maîtrisant moins bien le français ? Quelles belles leçons de lutte contre les violences verbales et de vivre ensemble !

Lilian Thuram, ensuite, qui a écopé, en 2013, d’un rappel à la loi (Karine Le Marchand, sa compagne, lui avait reproché de l’avoir « attrapée par les cheveux » et « poussée contre le réfrigérateur trois fois », et même si elle avait finalement retiré sa plainte, cela n’avait pas éteint l’action publique), un exemple inspirant, pour des jeunes, en cette période de Grenelle contre les violences conjugales.

Rokhaya Diallo semble trouver admirables ces interventions scolaires dès potron-minet sans imaginer un instant que les parents puissent s’en inquiéter, eux qui s’imaginaient bêtement qu’à 8 heures, leur progéniture commençait sa journée par un devoir de maths, une dissertation de français ou un cours d’anglais ?

Soyons clairs, on ne sait rien, ou presque, de ce qui est organisé, dispensé, distillé dans les écoles françaises en marge des matières officielles, dont l’enseignement – confer certains manuels plus que très orientés – est déjà fortement idéologisé. Quelles associations interviennent et à quel titre ? Que s’échange-t-il dans ce huis clos qu’est la classe ? Qui décide du choix des intervenants et du contenu ? À quel moment les parents sont-ils sollicités pour donner leur avis ? Comment peuvent-ils obtenir d’être tenus au courant de l’objet et de la nature des propos ? De quelle façon peuvent-ils protester contre ces initiatives s’ils les jugent abusives et mal venues ?

La vérité est qu’ils sont totalement démunis et fondés à se demander s’ils sont toujours les premiers éducateurs de leurs enfants autrement qu’en théorie.

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