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Personne n’a pu passer à côté de l’info : pour la deuxième fois, Kate Middleton va offrir au peuple anglais, et à ceux du Commonwealth, un « royal baby ».

De l’autre côté de la Manche, dans la petite bourgade appelée France, les médias exultent, préparent le champagne et les gâteaux apéro, et attendent avec impatience que le petit montre le bout de sa frimousse royale. Je n’ose imaginer le torrent de larmes d’émotion quand, enfin, le couple a présenté la nouvelle princesse.

Le week-end du 1er mai n’est donc plus celui de notre Jeanne qui prit son baluchon et son épée pour chasser les Anglais hors du royaume, mais bel et bien celui de Kate et William. Ainsi, sur toutes les chaînes d’information sont servis des reportages sur les avantages économiques de la naissance, sur les bookmakers, sur les ventes de « goodies » ou sur l’ensemble de la filiation royale. On invite des expertes de la monarchie anglaise, on recommande des livres. Durant de longues minutes, on a l’impression d’être revenu dans des temps anciens où nos bons rois intéressaient le peuple.

Car oui, je dois le reconnaître, le fait que tous nos médias suivent d’aussi près une naissance royale étrangère me gêne. Dans une période où le principal débat est la réforme du collège, je mets ma main au feu qu’un nombre incroyable de jeunes (et de moins jeunes) ne pourraient pas dire exactement qui est Jeanne d’Arc. Certes, beaucoup citeraient le bûcher et les voix dans la tête mais, au final, peu pourraient aller plus loin et dire, tout simplement, ce qu’elle a fait et sous quelle période.

Prenons un autre exemple plus royal et tout aussi (mé)connu : Louis XVI. Sur l’ensemble des passants d’une rue ou d’élèves d’une classe de n’importe quel niveau, combien pourraient parler de ce roi et plus largement de la Révolution en allant plus loin que la guillotine et la comédie musicale de Dove Attia 1789 ?

Aux premiers abords, cela peut faire rire de parler de Dove Attia dans un texte traitant de l’apprentissage de l’histoire, mais notre pays en est là. C’est dramatique, certes, mais notre peuple ne connaît son passé qu’à travers ces comédies musicales ou des films. Autant dire que la véracité du discours peut être discutable.

Alors oui, peut-être que mes propos font un peu franchouillard et sans doute beaucoup réactionnaire, mais je pense sincèrement qu’on devrait arrêter de se passionner pour un bébé qui n’est pas le nôtre (pire, il est anglais !) et réapprendre notre propre passé. En être fier. Ouvrons n’importe quel livre sur l’histoire française pour découvrir des règnes plus incroyables les uns que les autres. Laissons ce bébé et sa famille là où ils sont et intéressons-nous plutôt à l’architecture ou l’art sous notre monarchie. Arrêtons de toujours voir l’herbe plus verte ailleurs et prenons conscience de ce que nous sommes.

De là où ils sont, nos bons rois nous observent, bien vaillants et bienveillants ; ne les décevons pas en nous détournant de nous-mêmes.

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