Le rêve des Grecs ? Devenir allemands !

Ils sont vraiment incroyables, ces Grecs ! Saignés à blanc par les mesures d’austérité imposées par Mme Merkel, ils ne rêvent pourtant que d’une chose : émigrer en Allemagne où le nombre de Grecs naturalisés allemands a fait un bond
de 82 % d’une année sur l’autre. Tout citoyen de l’Union européenne peut, en effet, obtenir la nationalité allemande et conserver sa nationalité d’origine après plus de huit ans de séjour en Allemagne. Pas très enthousiasmant, comme perspective, mais pour un Européen du Sud, quand il faut faire bouillir la marmite, peu importe le pays du Nord, pourvu qu’on ait le business ! Ou qu’il rémunère le travail à sa juste mesure, ce qui n’est plus le cas ni à Madrid, ni à Athènes. Ainsi, plutôt que de subir le chômage, quelque 25.000 Grecs – dernier chiffre connu mais révélateur – auraient pris, en 2011, le chemin de l’exil allemand. Soit 90 % de plus que l’année précédente.

L’immigration grecque n’est d’ailleurs pas nouvelle outre-Rhin, où l’on recensait, au 1er janvier 2012, pas moins de 283.684 Grecs vivant en Allemagne. La majorité d’entre eux était arrivée dans les années 50, suite à une convention entre les deux pays autorisant le séjour temporaire de « Gastarbeiter » (travailleurs invités, jolie formule…). Les Grecs ont ainsi contribué au redressement économique d’une Allemagne en ruines et en étaient sans doute les principaux artisans, même si aujourd’hui ils sont plutôt restaurateurs ou petits commerçants.

Et comme les Grecs sont sans doute, avec les Espagnols et les Portugais, les rares immigrants à ne pas faire augmenter le taux de criminalité, les autorités allemandes encouragent ouvertement leur venue. Cela semble aller de soi mais notre pays, lui, n’a encore rien compris : alors que la France ferme à tire-larigot ses instituts culturels – sauf dans les pays arabes –, l’Allemagne multiplie les siens où il est possible d’apprendre la langue pour mieux s’intégrer. Ainsi devenus allemands, ces nouveaux Teutons bien formatés par les instituts Goethe en Grèce partageront tout naturellement l’avis de leurs compatriotes autochtones qui, selon le Bild-Zeitung, « ne veulent pas payer pour ces paresseux de Grecs ». Pensez donc, poursuit le journal le plus lu en Allemagne, « en Grèce, on ne songe qu’à frauder ou à copuler au lieu de travailler ! ». Dans cette logique, nul doute que ces “nouveaux Allemands” contribueront au redressement démographique de leur pays d’adoption où le taux de natalité est, depuis très longtemps, l’un des plus faibles d’Europe, avec 1,3 ou 1,4 enfant par couple.

Pour les Grecs, le rêve allemand a remplacé le rêve américain : « Germania, Germania » est la dernière incantation à la mode, la nouvelle terre promise. Mais ce rêve allemand est surtout un rêve de travail, un rêve professionnel, car la promiscuité avec les Turcs et la rigidité allemande n’enthousiasment guère les travailleurs hellènes. L’Allemagne de la chancelière de fer peine encore à faire fantasmer par son mode vie. Certains diront que les Grecs sont un peu maso… mais ont-ils le choix ?

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