L’on me pardonnera de parler une nouvelle fois de ce département de Vaucluse. Mais c’est ma façon à moi, modeste, d’écrire mes Provinciales. Et puis, le Vaucluse est un concentré de France : la beauté de ses paysages et de ses monuments, la richesse de son histoire mais aussi les maux qui le frappent : chômage, , communautarisme, départ des jeunes diplômés… Figurez-vous qu’en quatorze ans de pouvoir départemental, les socialistes ont même réussi l’exploit de hisser le Vaucluse au 7e rang des plus pauvres départements de ce pays de France, si cher à mon enfance !

Les socialistes, justement, parlons-en. On se souvient que les états généraux du Parti socialiste, qui se sont tenus à la fin de l’année 2014 sous la houlette de Cambadélis, devaient redéfinir l’identité socialiste pour le XXIe siècle : rien que cela ! Cet objectif a-t-il été atteint ? On peut en douter. En effet, il semblerait que ce trouble de l’identité soit loin d’être réglé, si j’en crois l’étiquette sous laquelle se présentent aux élections départementales les socialistes dans le Vaucluse, comme dans sans doute beaucoup de départements où ils détiennent la majorité : « Majorité départementale ». Aucun logo PS. La rose disparaît des boutonnières, un peu comme pour ces vieux messieurs d’autrefois, distingués mais honteux, qui enlevaient leur rosette de la Légion d’honneur avant d’aller tromper leur femme dans ces maisons discrètes dont la façade arborait une belle lanterne rouge. On dit même que le maire PS de Carpentras n’aurait pas demandé l’investiture solférinesque. C’est vrai qu’« investiture » et "veste" ont la même racine étymologique.

Les socialistes, donc, se présentent sous cette très respectable étiquette « Majorité départementale » qui pose son sortant en notable repu de prébendes, carré dans son fauteuil, content de lui, alors que la seule chose de notable, il faut bien le reconnaître, se résume au bilan plus que très médiocre de cette dite majorité. Avec cela, on devrait bien pouvoir récupérer quelques voix nostalgiques des années Giscard ou Mitterrand - c'est du reste à cette époque que certains ont commencé leur carrière cantonale - lorsqu’il était bon de se recommander d’une majorité présidentielle. Encore un peu et l’on aura le fameux « Sans étiquette » : autant dire sans papiers d’identité. Ils imaginent peut-être ainsi tromper les électeurs et se faire régulariser pour six ans de plus. À se demander, du reste, si en retour ils demanderont à leur clientèle favorite leurs papiers le jour du vote. Le nombre d’irrégularités constatées lors des municipales de 2014 en certaine municipalité socialiste du Comtat nous laisse en effet imaginer un possible Schengen cantonal…

On sait le don des socialistes pour ne pas nommer les choses : "incivilités" pour "délinquance", "Daech" pour "État islamique", "terroristes" pour "islamistes"… Et maintenant « Majorité départementale » pour « socialistes ». On atteint là des sommets de sémantique, la sémantique du Concombre masqué !

Nous avions les parties honteuses. Nous avons désormais le parti honteux. Parité oblige, peut-être.

26 vues

21 février 2015

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.