La dégénérescence du système dans les démocraties actuelles est marquée par deux phénomènes. Le premier consiste à privilégier la possession du pouvoir par rapport à la défense des idées ou des valeurs. La technocratie, c’est d’abord l’art de se partager le gâteau, et ensuite d’éliminer les questions de valeurs au profit des solutions techniques, comme par exemple de ne plus embarrasser le débat politique avec des sujets comme l’avortement ou l’euthanasie, la PMA, la GPA, qu’il faut autoriser le plus vite possible…

Et l’on voit surgir le second phénomène : l’idéologie est bien présente dans ce choix, mais c’est une idéologie en creux, libératrice de l’individu et progressiste, une course au nihilisme qui peu à peu gagne l’ensemble des formations politiques, une idéologie qui les rassemble souterrainement à défaut de les opposer.

Or, le « progressisme » dont le Président actuel est le porteur est un poison mortel pour notre nation. Fondé sur l’illusion qu’un mouvement est en œuvre dans nos sociétés, qui doit abattre les conservatismes et les résistances pour accroître nos libertés et notre égalité, il ne se rend nullement compte qu’il détruit la réalité même de l’édifice social. En favorisant l’immigration, il croit donner leur chance de participer à la démocratie à des étrangers qui vont miner un système politique dont ils méprisent sans trop les connaître les présupposés nécessaires. En émancipant les minorités, en mettant les « marges » au centre de ses préoccupations, il désespère la majorité qui assurait l’identité du pays et servait de modèle à l’intégration. En confondant la libération des caprices avec la liberté responsable, l’égalité avec le refus des hiérarchies indispensables, il rend impossible l’exercice de l’autorité légitime. En privant la nation de sa mémoire positive, il empêche les générations de transmettre leur héritage avec fierté.

Les signes de cette dilution des repères et de l’autorité sont nombreux. Les exemples les plus symboliques nous ont été offerts, cette année, par les meurtres de membres de forces de l’ordre, victimes d’individus pour qui la mort d’un homme ou d’une femme, qui plus est investi d’un pouvoir légitime, compte moins que l’impulsion du moment de ne pas obéir, d’éviter la sanction et de s’émanciper d’une situation désagréable. Face à la force qui a le droit de s’exercer parce qu’elle a la loi pour elle, la violence illégitime va se déchaîner. L’euphémisme de l’« incivilité » ou du « connu des services de police », la litote du « non-droit », la volonté de cacher les noms des auteurs, le renversement des rôles entre la victime et le coupable, « effondré » et condamné au lynchage médiatique, forment un tout cohérent destiné à masquer le problème et à empêcher, voire à culpabiliser la réaction logique de la majorité. « Ensauvagement d’une partie de la société » est encore bien faible pour désigner des actes de sauvagerie, de barbarie qui tendent tout simplement à imposer la loi du plus fort physiquement, y compris à celui qui représente la force publique, c’est-à-dire morale.

La bataille est à mener sur les mots, bien sûr, parce que le langage orwellien qui nous est imposé témoigne de l’idéologie qui est à l’œuvre, mais c’est une bataille qui ne peut pas être remportée dans le cadre du système actuel, avec ses règles, sa caste dirigeante, sa justice orientée, ses médias complices. Il est nécessaire de renverser la table, de procéder à une révolution conservatrice, si c’est encore possible.

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